Mariette, Abecedario, t. III, p. 270 et suiv
FIG. Gj. FRAiNÇOIS DE TROY. — ^ ETUDE POUR
U.NE FIGURE d'ÉCHEVIX.
(Musée du Louvre. Dessins.)
2,8 SURVIVANXE DP: L'KCOLK DK .1. PARROCEL
s'expatrier et de travailler en Autriche, en Italie ou en Flandre'. Charles Parrocel, son propre fils, découragé, abandonne quelques années la peinture pour s'engager dans la cavalerie vers 1 705-1 706'. 11 reprend bientôt ses pinceaux, d'ailleurs, peut-être sur les conseils du duc d'Antin lui-même. L'administration des Bâtiments s'inquiète en effet de la disette de bataillistes au début du xviir siècle. En 1712, lors d'un voyage en Italie, Charles Parrocel est admis à la pension du roi, et d'Antin écrit à Poerson, le 3 août 1713 : « Je souhaite, comme vous me le mandez, que le sieur Parocel profite de la grâce que je lui ay faite. Je ne luy demande pour cela que de se bien perfectionner dans son talent qui commence à devenir rare en France '>>.
Si l'école de Joseph Parrocel survit à la crise où succombe celle de Van der Meulen, c'est qu'elle s'accommode sans peine au goût du temps. D'inspiration toute italienne d'abord, elle est modifiée normalement par les influences septentrionales (fig. n° 48). Dans quelques œuvres, Joseph Parrocel campe déjà des cavaliers et compose des groupes qui pourraient avoir été dessinés par Wouwermann (dans les deux esquisses du Louvre, n"^ 676 et 677, par exemple). Les imaginations des petits maîtres flamands qui représentent plus volontiers les soldats au cabaret qu'à la bataille le séduisent parfois aussi : au Salon de 169c), il envoie un Corps de ijçardc où jouent des so!dats\ Sous son pinceau la peinture de batailles s'achemine déjà vers la peinture de genre : il est le précurseur de Watteau.
De 1709 à 1721, il n'y a qu'un peintre de batailles en France : Watteau. Cette proposition n'est pas paradoxale. La première œuvre de Watteau en 1709, c'est le Détachement faisant halte. L'artiste a grandi dans la Flandre parsemée de camps, sillonnée de troupes, et les visions militaires le hantent d'autant plus en 170Q que la malheureuse province est de nouveau à feu et à sang. On s'est battu à Oudenarde en 1708; le prince Eugène et Marlborough menacent la frontière du Nord, investissent, puis prennent Tournai ; on va se battre à Malplaquet. A peine le Détachement vendu 60 "^ à Sirois, Watteau part pour Valenciennes. Quand il revient en 1711, il a rencontré de nouveaux soldats, traversé de nouveaux campe-
1. En Autriche, il travaille pour l'Empereur et pour le prince Eugène, dont il illustre les victoires. 11 meurt en 1722 à Mons où le duc d'Arenberg l'a appelé.