‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 195 sur 273 · LA CARRIÈRE DE RIGAUD · texte numérisé non relu

LA CARRIÈRE DE RIGAUD

nouvelles et lui donne son suprême éclat. Plus que le Premier Peintre, plus que Claude Lefebvre même, il est portraitiste d'instinct, de vocation.

Mais pourquoi, dans la plus grande partie de son œuvre au moins, est-il resté fidèle à la conception de la deuxième moitié du XVII' siècle? Il connaît les Flamands et les Hollandais : '-'. Dès qu'il fut bien déterminé à se renfermer dans ce talent [le portrait], dit Hulst, il se mit à l'étudier encore plus particulièrement qu'il n'avoit fait jusqu'alors et avec un zèle tout nouveau. Van Dyck fut pendant quelque temps son guide unique' »; il analyse aussi, il comprend et il aime Rembrandt : en 1703, lors de son projet de mariage avec la demoiselle Châtillon, il possédait, nous le savons, huit tableaux de Van Dyck et sept de Rembrandt -; mais s'il emprunte à ces peintres quelques éléments qu'ignorait Le Brun et qu'il aurait condamnés : un coloris chaud, puissant, varié, et la science du clair-obscur ', il n'adopte qu'assez rarement leur manière simple, sans boursouflures, sans exagérations.

C'est sa fortune rapide qui l'engage et le maintient dans la voie qu'il suivra toute sa vie. Comme tous ses confrères il trouve ses premiers modèles dans la classe moyenne de la société. A son arrivée à Paris, en 1681, des bourgeois seuls posent d'abord devant lui*; mais, dès 1682, il s'élève jusqu'à la noblesse de robe avec le président Mole et sa bru; en 1083 il peint ses premiers gentilshommes, le marquis de Châtillon, le marquis de Florensac, etc.; en 1085 le haut clergé avec Hyacinthe Seroni% archevêque d'Albi, et le doyen de Saint-Germain commence à l'employer; en 1O88, enfin, il est chargé du portrait de Monsieur et du duc de Chartres : '< L'exemple de ces princes, écrit-il lui-même, fut bientôt suivi de la plupart des

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