RIGAUD ET LES PORTRAITS DE FEMMES
très exacte : ''< J'ai vu des dames, écrit de Piles, qui m'ont dit nettement qu'elles n'estimoient pas les Peintres qui faisoient si fort ressembler et qu'elles aimeroient mieux qu'on leur donnât moins de ressemblance et plus de beauté. //''< Il est certain, ajoute le critique, qu'on leur doit là-dessus quelque complaisance et je ne doute pas qu'on ne les puisse faire ressembler sans leur déplaire '. »Ces exigences pèsent pourtant aux artistes; Antoine Coypelle laisse entendre : '■< Je dirois même si j'osois, écrit-il, que les Dames sont mille fois plus gracieuses avec leur teint naturel qu'avec tout l'art et les couleurs qu'elles prodiguent pour peindre leurs visages et qui désespèrent les Peintres qui sont obligés de les imiter pour leur plaire... Nous ne pouvons pas... suivre fidèlement [la nature], parce que nous ne la voyons que contrefaite et masquée. Cependant notre objet est de l'imiter. Cela est triste-. » Coypel consent fort bien d'ailleurs à peindre les portraits qu'il condamne; Rigaud ne s'y résout jamais. -'< Si je peins [les femmes] telles qu'elles sont, dit-il naïvement, elles ne se trouvent pas .assez belles; si je les flatte trop, elles ne ressembleront pas' //. Les portraits mythologiques sont très rares dans son œuvre — quoiqu'on l'ait accusé d'avoir assuré leur vogue ^ — et ils sont toujours gauches, sous son pinceau, dépourvus du charme et de la fantaisie qui rendent seuls les déguisements acceptables"'.