INTRODUCTION
Les portinits, les petites peintures de genre ornaient surtout les dciiicurcs bourgeoises et les galeries privées. La plupart appartiennent encore à des amateurs; et les meilleurs sont à l'étranger. Une bonne partie de l'iviu rc do W'attcau a passé, dès le xviii' siècle, en Angleterre et en Allemagne, et nous n'avons pas fait un effort pour la conserver. Sans la générosité de Louis La Caze, le Louvre ne posséderait qu'une toile du maître, V Einbai^qiiement pour Cjthèi^e, encore est-il entré mécaniquement dans les collections nationales avec les morceaux de réception de l'ancienne Académie.
Les dessins de la fin du xviT siècle montrent mieux que les peintures sou\ent, avec quelle liberté les contemporains d'Ant. Coypel interprétaient la figure humaine et ils marquent les progrès accomplis déjà depuis Le Brun. Ils sauvent aussi de l'oubli des projets intéressants, comme l'esquisse donnée par Mignard pour la coupole des Invalides, qui ne fut pas exécutée. C^elques-uns, enfin, constituent des œuvres complètes : les croquis de Watteau sont charmants; les petites batailles de Parrocel, à la plume, sont beaucoup plus simples et plus vivantes que ses grandes compositions ; la fraîcheur des petits pastels de Vleughels est très savoureuse.
A ces éléments essentiels d'information il faut ajouter les gravures et les livres contemporains. Les gravures signent des tableaux anonymes et identifient les modèles des portraits. Les ouvrages didactiques, les Discours pour sej^vir aux conférences d'Ant. Coypel par exemple, ou les Œuvres complètes de R. de Piles nous renseignent sur les querelles esthétiques et le développement des idées artistiques.
Nous indiquerons chemin faisant les ouvrages de seconde main. Us ne sont pas très nombreux. Watteau seul a séduit les historiens; plusieurs livres excellents ont été écrits sur sa vie et sur son œuvre; tous les documents d'archives relatifs à sa biographie ont été publiés, ses tableaux essentiels ont été reproduits et analysés, cependant sa bibliographie n'est pas close ; il incarne trop parfaitement une forme de la sensibilité humaine pour n'être pas riche encore de toute une littérature.