MANSART SURINTENDANT DKS BATIMENTS
par an. En 1700, — il ne peut envoyer 20,000 livres à l'Académie de Rome, cette année là, — il se fait attribuer 100,000 livres de gratification ' , il obtient du roi deux places à bâtir d'une surface de 700 toises rue Neuve-des-Petits-Champs", et gagne encore en spéculant sur les terrains de la place Louis-le-Grand^ II apporte aux affaires une brutalité à laquelle Villacerf n'a pas accoutumé et toutes ses rancunes privées. En 1699 il destitue le pauvre vieux La Teulière par une lettre brutale, presque méchante'. Les peintures de Poerson dans la chapelle Saint-Jérôme aux Invalides lui déplaisent : il les fait badigeonner sans même avertir l'artiste qui pense tomber malade de chagrin. Joseph Parrocel, auquel il refuse de payer une dette, obtient sentence contre lui, et le fait arrêter un jour dans son carrosse ; il riposte en reléguant dans un grenier le Passage du Rhin — au Louvre aujourd'hui — , et la toile eût été perdue si le roi lui-même ne l'avait fait poser à Versailles, dans la salle du Grand Conseil. Pour se venger d'une estampe de Michel Dorigny où l'on voyait François Mansart, son oncle, monté sur un mulet, un singe en croupe, sur le chemin de Montfaucon (satire d'un impôt sur les arts proposé par rarchitecte), il fait échouer son fils, Louis Dorigny, à l'Académie en 1704 et le contraint à quitter Paris ^
Aucun administrateur ne témoigne plus d'indifférence à l'Académie de Rome. Il y laisse envoyer Poerson comme directeur,
sans souci de ses aptitudes, pour s'en débarrasser, et oublie de pourvoir aux besoins de la maison. D'Antin écrira un jour à Poerson : '■^Je juge... de l'inquiétude où vous deviez être du temps de Monsieur Mansard puisque vous me paroissez trop en peine de votre paye-
(.iravc par C.-N. Cochin.
FIG. g. — JEAN JOUVENET. — SAINT-PAUL APÔTRE.
(Décoration de la voûte inférieure de l'Kglise des Invalides.)