D'Argenville, t. IV, p. 293, édition de
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ment, avec un homme comme moy qui y donne toute son attention' ». Il viole les statuts de l'Académie de Paris avec la même désinvolture que Louvois. Charles de La Fosse est son peintre favori; au contraire il déteste Noël Coypel dont la renommée a grandi sans son appui et dont la gloire inquiète son orgueil. En 1695, ^ la mort de Mignard, Coypel, sur l'ordre du roi, a été nommé directeur de l'Académie', Mansart n'a pas de repos qu'il ne lui ait infligé un affront public, qu'il ne l'ait destitué de sa charge au profit de La Fosse. Comme il sait fort bien qu'en juillet 1099 Coypel abandonnera spontanément ses fonctions, il ordonne à la Compagnie d'avancer de trois mois ses élections annuelles, et, « par une recommandation peu différente d'un ordre », il la prie « de faire, pour cette fois, tomber le choix sur M. de La Fosse ». On vit « clairement qu'il ne s'agissait en tout cela que de déplacer M. Coypel et de placer M. de La Fosse. Mais chacun se demandait comment on pouvait faire un cnme à l'un du même pas qu'on faisait faire à l'autre' ».
Malgré son âpreté, son désordre, son indifférence ou sa partialité, Mansart eût été, dans des temps moins durs, un meilleur surintendant que Villacerf. Les artistes auraient trouvé du travail sous sa direction. Dans un but intéressé — mais peu importe — il aurait donné aux Bâtiments une grande activité. De 1699 à 1708, il élabore projets sur projets, propose d'ajouter douze pavillons à Marly, deux à Versailles, et de construire une fontaine monumentale. 11 veut aussi couvrir et terminer le vieux Louvre, commencer une salle de théâtre \ etc. Mais la guerre, la ruine paralysent son initiative, et il ne reste de son passage aux affaires que le souvenir d'un agioteur sans vergogne.
Les compétiteurs à sa succession sont nombreux. On propose Voysin, '< porté à tout par Mme de Maintenon », Chamillart « qui n'y pensa jamais pour le consoler, disait-on, des finances », Peletier, « comme un emploi qui se marieroit si bien avec le sien des fortifications», Desmaretz '< qui, avec le même avantage, aurait encore celui d'épargner au Roi les contrastes des payements », le premier écuycr La Vrillière, d'Antin% enfin : on offre jusqu'à trois millions de la charge. Mais « le Roi la voulut diminuer et la changer
1. Corresp. des direct., t. IV, p. 21 3; Lettre du 11 mai 171 3.