‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 221 sur 273 · ÛÛ RENAISSANCE DE LA PEINTURE DE GENRE · texte numérisé non relu

ÛÛ RENAISSANCE DE LA PEINTURE DE GENRE

des Flamands par nos peintres, la victoire des rubénistes contribuent certainement à son succès, mais ils ne Texpliquent pas complètement. Ni les Flamands, ni les Hollandais n'ont connu ces anecdotes amoureuses, si nombreuses au répertoire du xviii" siècle. Sans doute, les Hollandais, Metsu par exemple, ont représenté des militaires en visite chez des courtisanes et des couples amoureux; sans doute, dans les kermesses de Rubens, dans les cabarets de Téniers, de grosses commères à la chair heureuse se laissent caresser par des drôles ivres de bière, mais ces scènes brutales et banales sont relativement rares dans la production septentrionale et elles n'ont aucune ressemblance avec nos sujets galants.

La peinture de genre renaissante trouve chez Gillot, chez Watteau, chez leurs successeurs directs et chez leurs imitateurs son expression la plus parfaite au xviiT siècle, mais elle aurait vécu sans ces Maîtres ; elle commence môme à s'épanouir avant eux. Elle apparaît dès la restauration de la Ménagerie. Nous n'avons plus malheureusement les œuvres composées par Simpol, Bertin, Christophe pour la décoration de cette maison; mais nous connaissons leur caractère par leur titre et par leur description que nous a laissée Bailly. Simpol peint de Jeunes eiifanls qui Jouent à un Jeu que l'on nomme le tiers, des Enfants qui Jouent â cache-cache tu Pas, Bertin, Ci?iq enfants qui Jouent avec une brouette dont il y en a un qui pleure, et Quatre enfants dont un tient un chien, un autre un bâton à sa main, ayant une épée au coté, Christophe, enfin, de Jeunes enfants qui se jouent sur une bascule ^ Tous ces bambins sont des Cupidons dégénérés; ils conservent les formes potelées, le sourire malin, parfois les ailes du petit dieu, mais ils n'ont plus son caractère mythologique. Les peintres de la Ménagerie ne les ont pas inventés : Titien, avant eux, les avait peints par grappes, s'embrassant, se disputant, jouant, dans VO(frande à \^énus; l'Albane avait été surnommé il pittore degli Amorini-, et, au ciel de Y Échange d'Elisabeth de Erance et d'Anne d'Autriche, Rubens

1. Jouvenet avait peint pour Trianon, vers 1690, ces mêmes enfants dans deux toiles intitulées le Printemps et l Hiver, encore "exposées au palais, n°* loi et 102 du catalogue Soulié. (Bailly les mentionne sous les titres de Deux enfants qui

jouent avec des fleurs. Deux enfants qui renversent un vase doré). Les enfants reparaîtront encore en 1 720 dans la décoration de la Salle des Machines où Bertin et Gazes représentent des Enfants qui jouent, et Christophe, Galloche, Vernansal la Comédie, la Musique, la Tragédie sous la figure d'enfants. Si Simpol n'est pas employé à la Salle des Machines, c'est peut-être qu'il était mort. On perd sa trace à partir de

2. On trouverait bien d'autres enfants encore chez le Guide, chez Carrache, chez Juk-s Romain, par exemple dans la Dan^a di Putti de la Galerie Torlonia à Rome.

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