LA PEINTURE DE GENRE AUX SALONS DE IG99 ET
aussi avait emprisonné l'Abondance dans une ronde d'enfants; mais Christophe, Bertin, Simpol les occupent à des jeux modernes, ce que n'avaient encore jamais fait leurs prédécesseurs. Le répertoire des décorateurs de la Ménagerie est déjà assez varié. Dans la deuxième pièce de l'appartement d'été, Halle peint une Jeune fille qui pêche à la ligne et une Jeune fille qui danse ', à laquelle fait pendant une Jeune fille sur une escarpolette de Christophe. Simpol représente V Huilre et les Plaideurs, et Christophe la Fortune et le Jeune enfant dans la dernière pièce de l'appartement d'hiver. La Fontaine inspire dès lors les peintres de genre comme les peintres d'animaux : Nicolas Bertin lui empruntera bientôt l'Homme et la Citrouille (à la galerie de Dresde), VOurs et Pamateur de jardins Qile Paysan qui a offensé son seigneur (à l'Ermitage"-).
Bien que les expositions soient essentiellement académiques, et que l'Académie, gardienne de la tradition, combatte la peinture de genre au nom des principes, quelques sujets de fantaisie apparaissent aux Salons de 1609 et de 1704, tant est puissante déjà la mode qui les impose. En 1699, Ubeleski expose une Meille qui remet un billet à une jeune fille jouant de la viole, une Femme qui joue du tambour de basque, et Bon Boullogne, une Jeune fille essayant de rattraper un oiseau enpolé, la. Diseuse de bonne ai>enture\ un Corps de garde oii jouent des soldats et une Jeune fille qui cherche des puces à sa compagne; en 1704, Bon Boullogne envoie un Amour embrassant un pigeon, et Ubeleski quatre Joueurs d'instruments, Christophe continue sa série de tableaux d'enfants, avec une Chasse aux canards par de jeunes ga)x-ons et le Jeu de gage touché, Jean Cotelle donne une Bambochade , François
1. M. Engerand, dans Vlnvcnuirc de Bailly, p. bSO-ôSj, restitue très heureusement ces toiles à l'un des Halle, peut-être Claude-Guy. Sa démonstration est fondée sur des arguments qui ne semblent pas pouvoir être contestés. Il faut noter que ces œuvres sont un peu postérieures à la plupart des peintures de la Ménagerie : l'ordonnance de paiement qui les concerne est de 1704, et indique qu'elles ont été peintes en 1702. Elles sont au nombre des rares tableaux de la Ménagerie que nous ayons conservés. A Compiègne, classées aux inconnus de l'Ecole française.
2. Le goût de la fable et celui de la peinture de genre se développent parallèlement. A peine La Motte a-t-il publié son recueil de fables en 1719, que les artistes s'en emparent. Gillot dessine pour lui d'aimables illustrations conservées pour la plupart à Chantilly. (Le Louvre en possède aussi.) Un peu plus tard, Charles-Antoine Coypel lui consacre une série de dessins. (Cabinet des Estampes, Œuvre de Charles- Antoine Coypel.)
3. Voici la description de ce tableau d'après Florent le Comte, Cabinet des singularitei... 1700, in-12, t. III, P- 252 : « Dans ce tableau l'on voit encore un petit enfant de qualité qu'un petit chien caresse malgré la jalousie d'un chat qui paroît sur une table et qui ne luy promet point poires molles. »