‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 234 sur 273 · G. Séailles, Watte.ni, p · texte numérisé non relu

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2. Elles ne sont pas toutes des premières années. En 1721, il peint encore VEnseigne de Gersaint.

3. Récemment consultées encore par M. \'irgile Josz, les archives de Valenciennes ont été assez prodigues de détails sur l'ascendance de Watteau. La famille du maître était de bourgeoisie moyenne, assez aisée; on retrouve sa trace dès la fin du XV* siècle. A la fin du xvi« siècle, la famille se divise en deux branches entre lesquelles ne subsistent plus que des liens éloignés de parenté à la fin du xvn^ siècle, Georges Watteau, un des membres de la branche dont n'est pas Antoine, est établi maître peintre à cette époque et tient école, mais Antoine ne passe jamais par son atelier. Le père d'Antoine, qui était maître couvreur, ne put lui transmettre aucun goût artistique. Il est certain que la vocation de l'enfant ne rencontra pas d'opposition formelle auprès de sa famille, peut-être parce que, malingre comme il l'était, il eût fait un mauvais couvreur; mais ses biographes nous assurent que les siens ne le virent pas avec plaisir embrasser la profession de peintre; son goût fut donc plutôt contrarié. On lira avec profit sur la question des origines familiales de Watteau. le premier chapitre du Watteau de Virgile Josz.

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grandes œuvres et les œuvrettes et, malgré les leçons de son premier maître Gérin, sans même s'essayer aux compositions religieuses, il peint des kermesses et des bourrées. En 1702 il arrive à Paris. Les premières années qu'il y passe sont stériles. Ni Métayer, ni ^< ce corsaire qui avait chez lui une dizaine d'esclaves » et qui lui donnait 3 "^ par semaine et la soupe par charité ne lui apprennent rien. Sa rencontre avec Spocde est le seul incident notable de ces jours de détresse. Spoëde «: à peu près des mômes cantons» que lui, est sorti déjà de la lourde misère et son amitié le réconforte, le soutient, l'aide à sortir de l'ornière dont sa volonté seule ne l'aurait peut-être pas tiré \

C'est sans doute vers 1704 -1705 que Watteau entre chez Gillot. On a longtemps retardé la rencontre des deux hommes jusqu'à 1710, mais cette date est invraisemblable, malgré le témoignage de Julienne. Watteau avait vingt-six ans en 1710 et son odyssée chez les marchands du Pont-Neuf aurait duré huit ans... Chez Gillot son existence matérielle devient moins précaire et il prend enfin conscience de lui-même. Il y a là un hasard merveilleux : Gillot est le seul artiste qui puisse favoriser le développement du génie de Watteau et Watteau le rencontre.

Peut-être parce qu'il a vu les noces, les kermesses, les beuveries, les tabagies, les fêtes flamandes conservées dans le Cabinet royal dès 1709, peut-être parce qu'il connaît les onze Téniers, les quatre François Mieris, les trois Gaspard Netscher, les quatre Gérard Do^v, les trois Jean Miel, le Pierre Breughel, les trois Pierre de Laer, le Pierre \'an Mol, les trois Schalcken du duc d'Orléans, peut-être aussi tout simplement d'instinct, Gillot, le premier au xviir siècle, comprend qu'il y a place en France pour un répertoire artistique nouveau, et il peint le Marché (de la collection Walferdin, vendu en 1880) par exemple, ou bien les Apprêts du marché, le Repas villageois, la Baraque de VEmpirique'- (vendus en 1873 avec la collection Warocquier). 11 ouvre donc la voie à Watteau; il

1. Sur les relations, de Watteau et de Spocde, on pourra consulter P. Mantz, Watteau, p. 5i, et Josz, Watteau, p. 35 à 38.

2. Cette dernière œuvre surtout est caractéristique avec ses tre'teaux et ses charlatans devant qui se presse la foule bigarrée des foires, « bourgeois de la ville, gentilhommes venus d'un château du voisinage, moines au visage grave, mendiants et éclopés. Un valet porte une cruche. Un marchand d'orviétan, mis à la mode du Levant, se promène avec un cimeterre au dos. Voici un carrosse qui passe près de la baraque. Plus loin, deux ânes harnachés font tinter leurs sonnettes». (A. Valabrègue, Claude Gillot, Galette des Beaux-Arts, 1899. t. I. p. BgS.) Plusieurs gravures exécutées par Caylus sur des dessins de Gillot représentent des scènes de la vie contemporaine : par exemple, les Scieurs de long, les Danseurs champêtres, la Guimbarde du montreur de marionnettes.

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