Guitfrey, Comptes, t. II. p. GG
.s., WATTKAU ET RUBENS
nous en avons de nombreux témoignages : Wattcau ^< copioit et ctudioit avec avidité les plus beaux ouvrages de Rubens //, écrit Caylus'. Dans une lettre, le Maître lui-môme prie Julienne de lui laisser quelque temps encore une correspondance manuscrite de Rubens dont il n'a pas eu le temps d'achever la lecture', et dans une autre il exprime sa joie profonde à posséder une toile de Rubens que l'abbé de Noirterre lui a envoyée : « Depuis ce moment où je l'ai reçue, dit-il, je ne puis rester en repos, et mes yeux ne se lassent pas de se retourner vers le pupitre où je l'ai placée comme dessus un tabernacle^ ». Aussi la robe de la Fincltc n'a-t-elle « rien à envier à la robe blanche de la Conclusion de la paix, au satin de la reine du Débarquement à Marseille, à cette autre robe que porte la Vierge de l'inoubliable Éducation d'Anvers'». Jusque dans la manière de jeter les plis, souvent, jusque dans la forme môme des vêtements, Watteau se souvient de Rubens : c'est une femme de Rubens que la Promeneuse du ]\isse-lemps avec ses habits de satin et son vaste chapeau à plumes '.
Dès ses débuts, le maître connaît aussi et imite parfois les petits peintres des Pays-Bas. Dans la Vî\iie Gaieté, par exemple, des personnages de Van Ostade boivent au milieu d'un paysage à la Van Ostade*^. Le coloris et le clair-obscur de la Récureuse, au Musée de
1. E. de Concourt, UArt du XVIII' siècle, Première série, p. 23.