D'Argenville, 1762, t. IV, p
3. Je fais état de cette lettre bien connue qui a été publiée pour la première fois dans le catalogue de la vente B. Fillon. Tous les historiens l'ont reproduite; mais j'avoue qu'il me reste à son sujet la méfiance qu'exprimait déjà Ed. de Concourt et que j'aurais vivement désiré pouvoir en démontrer plus certainement l'authenticité. Tout ce que l'on sait des rapports de Le Sage avec les artistes reste aussi indécis et douteux. Je trouve, par exemple, dans les Mémoires inédits, t. II, p. 4, que La Fosse peignit « deux plafonds dans la maison de AI. Lejuge, rue du Crand-Chantier ». Les éditeurs insinuent en note, mais sans preuve, que ce Lejuge pourrait bien être Le Sage.
4. Dans un certain nombre de Fêtes galantes, les personnages de théâtre sont seuls : par exemple, dans Coquettes qui pour voir galants au rendez-vous..., la Partie carrée, Vile enchantée. Belle n'écoute^ rien.... Pour garder Vhonneur d'une belle..., les Entretiens badins. Arlequin amoureux, etc. Dans d'autres, comme l'Enchanteur, le Lorgneur. la Gamme d'amour. Pierrot content, il y a mélange de personnages de
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Rarement d'ailleurs une œuvre dramatique déterminée inspire directement une de ses Fêtes galantes. Le (Valant Jardinier gravé par Favannes, n'est pas né de la pièce de Dancourt jouée sous ce titre ; les Fêtes rénitioines, ballet-opéra de Danchct et Campra, n'expliquent pas le tableau des Fêtes vénitiennes. Des sujets comme les Jaloux, l'Adonis, le /?t';/cifc^^-ro//^ sont tirés peut-être de pièces de théâtre, mais desquelles? M. deFourcaud, qui a minutieusement comparé la littérature dramatique du tempsàToeuvre de Watteau, a retrouvé, dans des comédies ou des opéras, l'origine de deux tableaux seulement'. L'une de ces œuvres : M. de Pourceaui^iiac poursiiiri par ses prétendues femmes et ses prétendus enfants, est très secondaire ; mais l'autre est le chef-d'œmvre suprême : VFmbarquement pour (Jythère. VFmbarquement est inspiré des Trois Cousines de Dancourt, représentées pour la première fois le i8 octobre 1700 par les comédiens du roi. Watteau connaît la pièce; il l'a vu jouée par Charlotte Desmares, puisqu'il peint la comédienne sous le costume de la Pèlerine du dénouement. Dancourt met en scène une meunière de Créteil, veuve, vivant avec ses deux filles et sa nièce, qui veut se remarier et néglige de pourvoir ses enfants. Les jeunes filles ont des amoureux qui pour forcer la vieille à les unir préparent un enlèvement général, un pèlerinage de toute la jeunesse du pays. Watteau n'a pas trouvé là son sujet tout composé, mais des images, des vers l'ont certainement frappé : l'exode des amants, par exemple,
Tout le long de la rivière,
Chacun par la main
Mène en chantant sa bergère.
ou la mise en scène du divertissement final, indiquée par ces mots : <{. Les garçons et les filles du village, vêtus en pèlerins et en pèlerines, se disposent à faire un pèlerinage au temple de l'Amour »; ou bien encore ces chants :
Au temple du Fils de Vénus (chacun fait son pèlerinage.
Vénus à l'île de (>ythère En pèlerinage avec nous.
théâtre et d'individus réels ou de fantaisie. Dans d'autres enfin dominent les personnages réels, par exemple, dans la Surprise, la Famille, les Deux Cousines, Pour nous prouver que cette belle..., la Collation, les Champs-Elysées, la Conversation. la Leçon d'amour et la Diseuse de bonne aventure. Watteau met-il quelque intention ironique à déguiser plutôt les hommes que les femmes? Dans bien des Fêtes où celleslà restent de gracieuses Parisiennes de ijiS joliment parées, d'une grâce nonchalante, ceux-ci portent la toque et le manteau rayé : voyez V Enchanteur.
I. Voy. Revue de l'Art ancien et moderne. 1904, t. I, p. i35 et tqS. Nous ne pouvons que résumer ici l'argumentation de M. de Fourcaud.
LE PLAISIR PASTORAL pai' Antoine WATTEAU