Méiu. inéd., t. II, p
4. Voy. A. Sensier, Journal de la Rosalba, i865, p, 170. Il était fort en vogue vers 1690 à Venise, et connu sous le nom de Monsieur Jean.
5. Ed. de Concourt, L'Art du XVIII^ siècle, première série, p. 36. G. Par exemple, p. 14, i5, 42, 84, 87, 99, 12b et suiv.
50 QUERELLE DES REBÉNISTES ET DES POUSSLNISTES
de la peinture, ou le dessin, s"il faut étudier à Anvers ou à Bologne '.
On ne connaît ni les débuts de la querelle ni le temps exact de sa naissance. A peine du vivant de Poussin et de Rubens, peut-on noter un sonnet de Scudéry à Rubens et une épître burlesque de Scarron dédiée à Poussin. C'est avec Félibien et de Piles que le débat prend toute son ampleur. Félibi^en, appuyé sur Chantelou et sur le plus grand nombre des amateurs, représente les poussinistes, ridéalisme, le dessin; Roger de Piles, soutenu par Michel de Marolles et tous les jeunes artistes, bataille pour Rubens, le réalisme, la couleur. Ce ne sont pas seulement deux tempéraments, ce sont deux générations qui se combattent en ces hommes.
Né en iboq, Félibien est encore le contemporain de Poussin qu'il a connu à Rome ; mort en ibQS, il est aussi celui de Le Brun et de Colbert. Sa carrière est essentiellement administrative. En 1667 il reçoit le titre d'historiographe des Bâtiments, arts et manufactures du roi et il entre à l'Académie de peinture. En 1008 il fait partie de TAcadémie des inscriptions qui n'existe encore qu'à l'état embryonnaire. Il est nommé secrétaire de l'Académie d'architecture en 1571 et garde des antiques en 1673. Colbert et Le Brun lui contient toujours la composition des notices, des conférences officielles sur l'art, les descriptions des fêtes royales. Il est l'interprète désigné des partisans de Poussin : la passion du Maître pour l'antiquité classique l'anime; il représente si parfaitement l'esprit des '^ dessinateurs // qu'au xix*" siècle encore Ingres trouvera profit à lire ses œuvres et en copiera des fragments dans ses Cahiers'-.
Roger de Piles (né en i(')35) est d'une génération postérieure. C'est un esprit indépendant, très ouvert, essentiellement critique. Il a beaucoup voyagé, beaucoup vu et beaucoup compris. Précepteur du fils d'Amelot, Amelot de Gournay, il l'accompagne en Italie, en Portugal et en Suède. Louvois le nomme en Hollande, pour traiter secrètement avec le parti de la paix; découvert et arrêté, il emploie ses loisirs de prisonnier à écrire la Vie des peintres. En 169g, il entre à l'Académie : c'est l'unique sanction officielle de toute son œuvre de critique^ Un abîme le sépare de Félibien; il
1 . Une étude assez incomplète de la querelle, faute de documents, mais très juste en ce qui concerne de Piles et Félibien, a été publiée par Ph. de Chennevières dans le tome III des Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques Peintres provinciaux de l'ancienne France, p. 2 1 3 et suiv.
2. \'oy. le Cahier n'* 9 de J.-.A.-D. Ingres, analysé dans les Réunions des Sociétés des Beaux-Arts des départements, iSyG, p. 341 et suiv.. par M. J. Mommeja.