‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 41 sur 273 · LOUIS DE BOULLOGNK. LA PURETE · texte numérisé non relu

LOUIS DE BOULLOGNK. LA PURETE

(Étude pour la décoration de la chapelle de la Vierge, dans la chapelle de Versailles. — .Musée du Louvre. Dessins.)

QUERELLE DES RLBÉNISTES ET DES POUSSIMSTES ûi

Lettre lV un Français à un g-entilhomnie Jîama)id qui précède le Bajicjucl, « réloge que Thamire fit faire » dont parle la Réponse au Banquet,

cette lettre insolente Où, d'un attentat criminel, On a placé Rubens plus haut que Raphaël.

D'autres ont sans doute disparu, titre et texte. La plupart n'étaient pas publiées régulièrement : un libraire n'en eût pas écoulé l'édition. On les tirait à petit nombre sur de petites presses, comme le Songe d'Ariste, ou bien elles couraient manuscrites sous le manteau.

Cependant la lutte continue entre de Piles et l'Académie. Le 3 août i6So. la Compagnie ordonne une nouvelle lecture des conférences de Ph. et J.-B. de Champaigne, de Blanchard et de Le Brun par lesquelles elle a inauguré le débat en 1671-1672*. De Piles riposte Tannée suivante; sa Dissertation sur les ourrages des plus fameux peintres est une nouvelle apologie de Rubens qu'il place cette fois «au-dessus de Titien, comme le Titien est au-dessus de Paul Véronèse /.*. Le 4 décembre 1683, La Chapelle commente à l'Académie la conférence de Ph. de Champaigne qu'on relit une fois de plus, puis on reprend celle de Blanchard". Le débat est toujours très vif. La Galette de Hollande s'en fait l'écho en janvier 1684 : « 11 n'est pas vray ce que des particuliers ont fait mettre dans la Ga\ette du samedy i"" janvier, qu'on avoit décidé dans l'Académie des Peintres que le dessein étoit la principale partie de la peinture, mais il est vray que Monsieur de Louvois avoit dit après qu'on luy eut rendu compte de tout ce qu'on faisoit pour Linstruction de la jeunesse qu'il faloit pour faire un bon peintre, savoir bien dessiner et bien peindre. C'est ce qui a donné l'occasion à deux particuliers dont l'un est peintre et très peu entendu dans la partie du coloris et Lautre un homme de lettres qui n'a nul principe et nulle expérience dans cet art de faire mettre cette erreur dans la Galette' ».

Félibien n'a rien dit encore. Fort de l'appui de Le Brun, de Colbert et de l'Académie , confiant dans la puissance de la tradition, il méprise peut-être d'abord les phrases passionnées de ses adversaires.

Page 1