FIG. 24. — JEAN-BAPTISTE SANTERRE. — SUZANNK AU BAIN
(Musce du Louvre.)
le temps où le duc de Chartres, qui l'a pris aussi en amitié, le donne comme premier peintre à son père, le duc d'Orléans. Comme ce poste où il languit plusieurs années sans trop d'ouvrage, avec une pension de 600 livres à peine, ne suffit pas à son ambition, Coypel forme le projet — au moins en répand-il le bruit — d'abandonner la France ingrate pour passer en Angleterre. L'inimitié de Mansart lui sert de prétexte : en haine de son père, le surintendant le tient à l'écart
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des honneurs et des commandes... Mais quelques caresses du duc de Chartres le décident à rester. 11 est alors charge de dessiner les médailles du règne, et il entre à l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. Le Dauphin, qui le protège comme son cousin, l'emploie à Meudon en 1700. Lorsqu'on songe à peindre la chapelle du château, Mansart veut demander des esquisses à plusieurs peintres : "< Faites faire toutes les esquisses que vous voudrez, dit Monseigneur, je sais bien que je choisirai celles de M. Coypel. » En 1701 Monsieur meurt et, dès 1702, le nouveau duc d'Orléans confie à son favori la grande Galerie du Palais-Royal à décorer. Coypel y peint l'histoire d'Énée et attribue habilement tout le mérite de l'œuvre à la collaboration du prince : un carrosse, deux chevaux •'< magnifiques» et 500 livres de pension pour les entretenir récompensent sa flatterie. A peine remis d'une maladie dont le père d'Helvétius le tire à grand peine en 1707, il travaille de nouveau pour le duc au plafond d'un hôtel voisin du Palais-Royal. Il n'a pas terminé qu'il est chargé, en 170C), de décorer la voûte de la chapelle de Versailles. Grand seigneur, parfait courtisan, ami du futur Régent, d'Antin, le successeur de Mansart, apprécie vite ses qualités brillantes. En 1701, il le nomme directeur des tableaux et dessins du roi, et le peintre, bien en Cour, protégé par le directeur des bâtiments et par le prince le plus artiste du temps, atteint rapidement aux honneurs suprêmes. En 1714, Fx^cadémie, dont il a occupé successivement tous les grades, le nomme directeur. Au début de la Régence, le duc d'Orléans rétablit en sa faveur la charge de Premier Peintre du roi, supprimée par mesure d'économie à la mort de Mignard. En 1717, il est anobli, et, jusqu'à sa mort, il vit dans l'intimité du Régent qui, en témoignage d'affection, fait porter à son chevet, lors de sa dernière maladie, les plus beaux tableaux de la reine Christine qui viennent d'arriver à Paris.
« Les gens médiocres dans les Beaux-Arts se croyent suftisamment récompensés par celui qui satisfait leur intérêt; ceux qui cherchent à s'y distinguer exigent un salaire plus noble ; ils veulent des caresses, plus ils en reçoivent, plus ils s'appliquent à les mériter'... » Charles-Antoine Coypel applique à juste titre cette remarque à son père : les honneurs, les flatteries le stimulent mieux que l'argent ; d'ailleurs, au moins jusqu'à la débâcle du Système, il est riche. Le Brun éprouvait déjà le même besoin de protection attentive, de faveur continue ; mis en disgrâce par Louvois, il écrivait au maréchal