Leroy, Histoire de Jouvenet, Paris, 1660, in-8, p. 49-5o
2. La classification de ses oeuvres qui nous restent est caractéristique. Une revue de Vervins, la Thiérache. en a fait ainsi le décompte en 1882 : vingt-trois toiles pour des couvents, quinze pour des églises, di.x pour des châteaux, neuf pour des salons, trois pour des établissements publics. Depuis ce temps, plusieurs œuvres ont été retrouvées, exécutées presque toutes pour des couvents.
3. Eloge de M. Restout, par Du Boulay, 1768, réimprimé dans Chennevières. Recherches sur... quelques peintres provinciaux de l'ancienne France, t. III, p. 3oS et suiv.
SS JKAN FOREST — ALKXIS (JRI MOU
la ressemblance. On vint chez lui cependant, car il était à la mode. C'est alors qu'il exécuta ses demi-figures ingénieuses, symboles et portraits à la fois. Comme Santerre, Jean Forest était d'espritun peu fantasque. Ses confrères recherchaient les commandes royales; il refusa au contraire deux toiles au surintendant des Bâtiments. Toute sa vie il garda son franc-parler et professa, dit-on, des doctrines démocratiques. Tandis que les peintres suivaient la mode, portaient perruque bouclée, pourpoint de soie, manches de dentelles, épée au tlanc,il s'habilla toujours d'une houppelande et se coiffa d'un bonnet de fourrure : Largillière, son gendre, l'a représenté dans cet équipage. C'était d'ailleurs un esprit délicat, un fin lettré qui tenait salon ; de Piles estimait son talent et aimait sa causerie.
Santerre et Forest se ressemblent fort. D'Argenville les appelle tous deux des peintres philosophes. Mécontents des couleurs en usage, ils s'appliquèrent l'un et l'autre à les améliorer. Santerre observait «jusqu'aux enseignes de boutiques; il y remarquait les couleurs que le temps et le grand air détruisent et celles qu'ils laissent dans leur force' ». Il réduisit enfin sa palette à cinq tons et ne vernit ses tableaux que dix ans après leur achèvement. Forest, de son côté, se perdit dans d'étranges combinaisons chimiques. Ces expériences maladroites ont grandement nui aux œuvres des deux artistes : celles de Forest, surtout, ont complètement noirci, Santerre et Forest enfin produisirent aussi peu l'un que l'autre. Le premier travaillait péniblement, obstinément, des mois entiers le même sujet. Le second, toujours mécontent de ses tableaux, les brûlait ou les recommençait : Largillière le visita un jour qu'il peignait une tempête, et, comme il admirait fort la toile, Forest la lui offrit; puis, pour ne pas oublier de la lui faire tenir, il écrivit son nom au verso, mais il ne la lui envoya jamais : après sa mort, Largillière la chercha dans son atelier; il retrouva bien le châssis portant l'inscription, mais une esquisse informe remplaçait la tempête.
Beaucoup de peintres médiocres fréquentaient le cabaret plus volontiers que l'atelier et se préoccupaient très peu des faveurs royales et des honneurs académiques. Leur vie ne vaut pas le plus souvent d'être contée, mais il faut noter leur existence car ils hâtèrent la transformation de la peinture d'apparat en peinture réaliste et libertine. Le moins obscur d'entre eux fut Alexis Grimou". Grâce à ses dons naturels, son talent ne sombra pas complètement dans la