‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 64 sur 273 · L-ENSEIG\KMKNT ACADKMK^LE · texte numérisé non relu

L-ENSEIG\KMKNT ACADKMK^LE

donnent seulement les premiers principes du dessin, font travailler d'après la bosse, enseignent les lois essentielles du coloris et initient aux détails techniques du métier. Corneille le père, dit d'Argenville, « mit en peu de temps son fils en état de copier avec art les dessins des grands maîtres d'Italie*». Voilà le point extrême où conduit l'enseignement non académique : il forme des peintres, mais non des artistes, puisque l'étude de la nature lui est interdit.

Comme l'Académie s'est réservé le privilège du modèle, l'étudiant zélé ou ambitieux est contraint de suivre ses leçons. 11 trouve d'ailleurs des avantages pratiques à passer par l'École : il court la chance d'obtenir une pension du roi ; ses succès aux concours commencent sa réputation et lui facilitent plus tard l'accès de la Compagnie ; s'il remporte le grand prix, il est envoyé à Rome, et le voyage d'Italie semble encore le couronnement nécessaire d'une bonne éducation artistique; enfin, il peut peindre sans être inscrit à la maîtrise, grâce au ^<. billet de protection » que lui délivrent les officiers en exercice. Mais n'entre pas qui veut à l'Ecole. Le certificat d'application et de moralité exigé depuis 1676 n'est pas même un titre suffisant. Les candidats subissent un examen d'admission : ils doivent dessiner correctement une académie-.

Depuis que l'enseignement académique a été réglé par Colhert et par Le Brun, personne encore n'a osé le modifier. Il comporte l'étude du corps humain d'après le modèle, des cours de géométrie, de perspective, d'anatomie et ces conférences où Colbert a cru naïvement que les règles définitives de l'art allaient être formulées.

Tous les jours, de trois heures à cinq heures en hiver, de six heures à huit heures en été, l'atelier est ouvert aux étudiants'. C'est une salle de l'Académie^ dont les murs sont décorés de vieilles

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