‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 74 sur 273 · Comptes., t. IV, p · texte numérisé non relu

Comptes., t. IV, p

L'ÉCOLE DE LA MAIll^lSE

Fieury est aux gages de rAcadémie ; la Compagnie prête en effet des modèles à Técole des Gobelins comme elle lui prête des professeurs, pour la tenir plus étroitement sous sa domination. Elle craint toujours de la voir échapper à son contrôle et lui impose sans cesse des liens nouveaux : depuis le i"juin 1697 P^i* exemple, les étudiants des Gobelins à la pension du roi sont tenus « de dessiner au moins pendant la valeur d'un mois, en chaque quartier, en cette Académie, d'après le modèle », et d'apporter une de leurs académies hebdomadaires signées du professeur des Gobelins*. Ces précautions s'expliquent : c'est au privilège de l'enseignement que la Compagnie tient par-dessus tout ; sa puissance réside dans son atelier plus que dans ses grades, et elle le comprend si bien, qu'en 1694, quand l'École seule est menacée, elle consent pour la sauver à tous les sacrifices, à la suppression de la pension du roi, à la gratuité des leçons.

Elle perd cependant le droit exclusif d'enseigner d'après le modèle au début du xviiT siècle. L'académie de Saint-Luc, obligée de fermer son école en 1062, ne semble pas avoir fait, pendant quarante ans, de tentatives sérieuses pour la rétablir. Mais, en 1705, elle ouvre un atelier, rue des Hauts-Moulins, dans une maison attenante à la chapelle Saint-Symphorien'. Une déclaration du roi, en date du 17 novembre 1705, l'autorise, et M. d'Argenson, conseiller d'État ordinaire et lieutenant de police, accepte d'être son protecteur. Dès le I"" janvier suivant le modèle est posé, et les leçons de dessin, de peinture, de sculpture, d'architecture, d'anatomie, de géométrie, de perspective^ commencent sous la surveillance du directeur, des recteurs, des douze professeurs, des douze adjoints et

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