GuifFrey, Comptes, t. 111. Préface, page 11 et suiv
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il entretient. De loSi à ibSS la dépense totale des Bâtiments avait atteint S7 millions i 2; elle tombe à 23 millions de 1700 à 1715. Le budget spécial des peintres est de 58,000^ en 1690, 52,700^ en i(m)S, <)"i,Soo'^ en 1700, 101,500'^ en 1705, 151,886^ en 1710,58,300^ en 171 S : c'est le paiement des peintures de l'église des Invalides, et de la chapelle de \^ersailles qui charge un peu les années voisines de 1705 et de 1710. Les allocations à l'Académie de peinture et à l'Académie de France à Rome sont comprises dans ces totaux déjà si maigres.
La vie des Académies surtout est compromise par les économies nécessaires. En lOgo l'Académie de Paris touche 6,000"^ du roi. V.n 161)^ \"illacerf lui accorde une augmentation de 2.000"*^; mais, dès le mois d'avril 1694, le roi ordonna sa suppression*. La Compagnie délègue Girardon au surintendant pour demander des explications. Les académiciens pourront continuer à tenir leurs séances, répond Villacerf, mais l'École doit disparaître : le roi ne peut plus lui fournir de pension. Les professeurs s'offrent alors généreusement à donner un enseignement gratuit; les officiers abandonnent leur traitement; on promet de n'exiger aucune rétribution des étudiants. Le roi revient sur sa décision, mais il n'accorde plus, par an, que les 2,000"^ strictement nécessaires aux frais de chauffage, d'éclairage, de modèle ■. Pendant quelques années la vie de la Compagnie est précaire : ses misérables subsides ne lui sont pas même payés régulièrement. Quand Mansart arrive aux affaires, il porte à 4,000"^ sa pension"'', qui demeure à ce chiffre jusqu'à la fm du règne. C'est encore bien peu pour vivre : en 1701 il faut rétablir le présent pécuniaire et le paiement des étudiants. Le roi exige de nouveau la gratuité des leçons en 1706', mais il laisse subsister le présent : cette ressource est tellement indispensable que la Compagnie décide le 22 février 1710 de n'admettre aucun aspirant qui ne serait pas en mesure de payer son entrée ^
Pour l'Académie de Rome, les difficultés matérielles deviennent presque insurmontables. L'Académie de Paris n'a presque pas de charges, pas de loyer, pas de frais de représentations; son personnel est restreint : l'Académie de Rome est à la merci du Trésor. Elle ne rapporte rien et coûte cher : elle occupe un hôtel en loca-
I. P?-oc.-yerb., t. III, p. i3ij et suiv. Séance du 24 avril 1694.
•2. Ibid.. t. III, p. 141 et suiv. Séance du i5 mai 1694,