‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 82 sur 273 · Corresp. des direct. ,1. III, p. i5(j et suiv · texte numérisé non relu

Corresp. des direct. ,1. III, p. i5(j et suiv

l-academil: de frange a rome 107

de 1694*. Hoiiasse obtient de Mansart son rétablissement en 1700-, mais le surintendant lui impose le sieur Vitale, un pédant qui s'obstine à enseigner aux étudiants les éléments d'Euclide dont ils n'ont que faire; il faut le renvoyer dès 1702^ et on ne le remplace pas. Poerson essaye d'un subterfuge en 1705 pour obtenir un nouveau maître : sur son conseil, les étudiants se cotisent, payent pendant quelques mois un professeur, et le directeur tente d'apitoyer le surintendant sur ces braves jeunes gens qui emploient leur maigre pension à d'aussi excellents usages; mais Mansart ne veut rien entendre. L'enseignement de la perspective n'est restauré qu'à l'arrivée du duc d'Antin aux affaires*.

A certaines heures de la guerre de la succession d'Espagne, l'Académie n'est pas même en sûreté à Rome. Nous sommes « dans un terrible embarras, ayant les Allemans à nos portes», écrit Poerson, le 21 juin I707^ Sur les conseils du cardinal de La Trémoille et de M. de Polignac, il déménage les œuvres d'art, confie la garde de la maison aux domestiques et se réfugie avec les pensionnaires chez M. de La Trémoille dont le palais est plus facile à défendre''. Comment trouver, dans ces conditions, la sérénité nécessaire au travail? En temps normal même le Pape et les cardinaux ferment souvent aux étudiants le Vatican et les palais, non seulement par animosité contre Louis XIV, mais aussi parce que les pensionnaires ne respectent pas les œuvres qu'ils copient : en 1702, par exemple, Cornical et Dulin peignent à Saint-Louis deux scènes de la J^ie de sainte Cécile par le Dominiquin, et Cornical se conduit 'K indiscrètement » : « il a... lavé et effacé en plusieurs endroitz le tableau peint à fresque par le Dominiquin' ». Les directeurs réclament en vain des jeunes gens sobres, tranquilles, de bonnes mœurs : la plupart des étudiants sont turbulents, batailleurs, d'une moralité médiocre. A Paris, l'Académie est sans cesse obligée de leur faire « deffenses... de porter aucunes armes soit en venant à l'Académie ou allant par les rues** », et de leur appliquer des mesures disciplinaires rigoureuses".

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