Proc.-verb,, t. L p- 284-285; t. II, p. 23 i, 363, etc
9. Ibid., t. III, p. 157, 199, 202, 206, 221, 375; t. IV, p. t39, 70, 76.
i()8 LA TEUI.IKRF, DIRECTEUR DE L'ACADEMIE DE ROME
Il eût fallu, à la tête de l'Académie de Fiance à Rome, des hommes d'une grande autorité et d'une haute compétence pédagogique à la fois. Mais le poste est donné le plus souvent, comme les charges de cour, à la faveur. Les hommes qui l'occupent de i(x70 à 1721 ne sont pas absolument sans valeur, mais aucun ne réunit toutes les qualités nécessaires à l'accomplissement de sa lourde tâche. La Teulicre (1683-1099), assez bon pédagogue, manque d'autorité; R.-A. Houasse (1699-1704), Poerson (i 704-1 724) sont de médiocres éducateurs.
Les contemporains ont été sévères pour La Teulière' : ils lui ont gardé rancune d'être une créature de Louvois et d'occuper la place d'un peintre. Poerson l'accuse, à tort du reste, d'avoir été le mauvais génie de l'Académie : « Tout son Grec et son Latin, — dit-il, — ne put donner aux jeunes Elèves aucunes estimes pour ses prétendues connoissances dans nos arts... Ce choix fut cause du dérangement de l'Académie. Les Pensionnaires ne firent point de progrès sous un tel homme- >/. La Teulière eut, il est vrai, de grands défauts. On n'imagine pas plus plat, plus maladroit courtisan. Vieux garçon, il est maniaque, insupportable à son entourage, et souvent à ses pensionnaires^ Bavard intarissable, il écrit chaque semaine des lettres interminables à Villacerf. Celui-ci, qui Taiine cependant, lui répond : « Vous vous fatiguez terriblement par les grandes lettres que vous m'écrivez et par vos grands raisonnemens sur des choses inutiles'»; mais le pauvre homme ne comprend pas. De plus, sa nullité administrative est absolue : il manque d'initiative, perd la tête au moindre incident, se trompe régulièrement chaque fois qu'il envoie un compte à Paris. Par contre, il est admirablement dévoué à l'Aca-
1. En dehors de son directorat on sait assez peu de choses sur La Teulière. Une lettre de sa correspondance indique qu'avant d'être le client de Louvois il avait été celui des La Rochefoucauld et des La Roche-Guyon. Montaiglon, dans une note des Archives de l'Art français, t. V, p. 84, dit qu'à son sujet on a pensé au comédien Jean de La Thuillerie, mort le i3 février 1688 (le nom de La Teulière s'orthographiait souvent ainsi), mais qu'il y aurait plutôt lieu de songer à Gaspar Coignet de La Thuillerie, ambassadeur de France à La Haye, qui fit signer en 1645 le traité de Broinsebro et qui pourrait bien être son père. — C'est possible, mais il est étrange de trouver un fils d'ambassadeur chez l'humilité de La Teulière et il est singulier que le père n'ait pas obtenu un poste de cour pour son fils.
2. Corresp. des direct., t. III, p. 219-220. Lettre du 21 juillet 1708.
3. La Teulière passe une bonne partie de son temps à se disputer avec les pensionnaires. Ses querelles avec le sculpteur Théodon et le peintre Bedault, entre autres, sont mémorables.