‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 92 sur 273 · Ibid., t, III, p · texte numérisé non relu

Ibid., t, III, p

,i6 l.ÉGOLK ACADÉMIQUE Dl£ BORDKAUX

servir du terme nominal d'école académique quand on leur écrit, et laisser vulgariser le nom d'Académie à Bourdeaux et partout ailleurs, comme je l'ay conseillé sur les lieux \ »

Les Bordelais seraient forts pour résister aux Parisiens s'ils n'étaient contraints, dès le début, de solliciter leur protection et de reconnaître par cela môme leur autorité. I{n iCi()2 les traitants réclament à la jeune école les taxes dont l'exemptent les lettres patentes de ib'jb. Celle-ci vit déjà très difficilement: les étudiants pavent mal ; les nouveaux académiciens s'acquittent péniblement d\in présent pécuniaire de 30^- : la charge des taxes suffirait à l'achever. Le danger est si pressant que Le Blond invoque en toute hâte le secours de l'Académie de Paris ; mais la Compagnie hésite d'abord à intervenir : protéger une école en Guyenne, c'est peut-être établir définitivement son autorité dans les provinces oii elle fait à peine respecter les privilèges de ses propres membres; mais n'est-ce pas en môme temps donner de la force à un groupement dont la fidélité n'est pas assurée? Elle se décide cependant à prendre parti, mais de mauvaise grâce : après avoir déclaré que l'École de Bordeaux jouit de ses propres privilèges^ elle lui délivre, en 1704 seulement, un certiticat attestant que les écoles provinciales sont dispensées des taxes*. Eût-elle témoigné plus de sollicitude et d'activité, d'ailleurs, qu'elle n'eût pas sauvé les Bordelais. La Guyenne est trop loin, le tisc trop puissant, les traitants sont trop avides. Ils s'acharnent après la malheureuse école, et celle-ci, lasse en 1709 de s'adresser en vain à l'Académie, implore Lamoignon, comte de Launay-Courson. intendant de Cjuyenne^ On a longtemps cru qu'elle avait succombé vers ce temps"; mais elle existe encore en 1726. A cette date elle demande de nouveau la protection de l'Académie et le secrétaire lui expédie copie d'un arrêt du Conseil des finances de 1706". En 1727 enfin, elle implore une dernière fois la Compagnie, qui ne daigne plus répondre. Elle achève alors de mourir dans le silence et dans l'oubli.

Après les tentatives de Lyon, de Reims et de Bordeaux, l'Académie est fixée sur la valeur des écoles, sur leurs ressources et sur leur

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