MORT DES ECOLES ACADÉMIQUES
fidélité : elle n'en autorise plus'. Le procès-verbal de la séance du 25 avril 1705 enregistre encore une demande du peintre M.-j. Serre « estant à Marseille qui prie la Compagnie de faire l'establissement d'une école académique, conformément aux privilèges de l'Académie ». On lui écrit évasivement : '< qu'il a esté résolu que l'on communiquerait sa demande à Monsieur Mansard avant que de lui faire réponse^ », et plus jamais il n'en est question. On note bien quelques autres essais d'écoles provinciales vers la fin du xv!!*" siècle, mais ils sont indépendants de l'Académie de Paris. Jean de Troy, après avoir tenté vainement comme son père d'ouvrir un atelier à Toulouse % s'établit à Montpellier où il réussit enfin en 1679. Les Etats de la province encouragent son initiative : <<. Persuadés que rien n'est plus capable d'exciter la jeunesse à cultiver les arts que de traiter avec distinction ceux qui s'y distinguent^ », ils lui accordent une subvention de 300"^. Arnould de Vuez, académicien de Paris résidant à Lille, obtient de la municipalité, en 1692, une exemption d'impôt sur la boisson à condition « de tenir académie une fois par semaine pour tous ceux dont la curiosité et l'inclination les porteront à s'}' rendre pour être enseignés'' ». Il ne demande aucune autorisation à Paris; d'ailleurs, ses confrères ne peuvent prendre ombrage de son initiative ; il enseigne une seule fois par semaine et la pruderie lilloise lui interdit le modèle nu : cinquante ans plus tard, Louis-Joseph W^atteau, professeur à Lacadémie de Lille, sera révoqué pour avoir posé dans l'école un homme déshabillé".
1. La preuve qu'il n'y avait plus d'autre académie provinciale que celle de Bordeaux en 1704, c'est cet arrêt de Mansart dont je trouve le texte à la Bibliothèque Nationale dans les papiers de Robert de Cotte {Ms. fr. 9447, p. 229) et oia on lit : « Les officiers de l'École académique de Bourdeaux, qui est la seule qui soit existente, doivent participer aux mêmes privilèges d'exemption d impôt que l'Académie de Paris ». Cet arrêt est du 1" septembre 1704.