‹ La peinture française au XIXe siècleChapitre 13 sur 52 · FIG. 2Q. INGRES. — SAINT SYMPHORIEN · texte numérisé non relu

FIG. 2Q. INGRES. — SAINT SYMPHORIEN

(Cathédrale d'Autun.)

trahi 1 artiste. Mentionnons le joli tableau néo-pompéie de Stratonice (1834, musée Condé) dont le mobilier et U

costumes dénotent une recherche archéologique scrupuleuse, mais que déparent quelques aigreurs de ton ; la Vénus anadyomène (musée Condé) reprise sur l’esquisse de 1807, après quarante ans d’interruption, pour hnir par cet exquis chef-d’œuvre, la Source ( 1 856, musée du Louvre), la plus fraîche des inspirations du maître, pourtant presque octogénaire, et où la préoccupation, persistante chez lui, du rythme des lignes, s’accompagne de recherches d’épiderme toutes nouvelles. Des portraits glorieux jalonnent la période post-romaine de la vie d’Ingres. S’il ne ht que terminer à Paris, en 1842, l’efhgie de Chérubini (musée du Louvre) si dégradée, mais si intense de caractère, qu’il avait commencée dans laVille Eternelle, pendant sa direction à la villa Médicis, le Portrait de Bertin [h g. 3o] ( r 83 2, musée du Louvre) est une création purement parisienne, et la plus typique qu’il ait signée, avec son expression appesantie de force au repos et d’intraitable volonté. Mme d’Haussonville (i8q5, château de Coppet) lui a inspiré une image de douceur sérieuse et d’amène bonté, et la figure juvénile et mâle du duc d’Orléans revit tout entière dans le tableau du musée de Perpignan (1842), fixée à la veille de la catastrophe qui allait emporter avec lui l’avenir de la dynastie de Juillet.

La vieillesse d’Ingres fut une apothéose anticipée ; l’éclectisme d’une époque apaisée, sans lui immoler la maturité superbe de Delacroix, lui assignait une place à part et surélevée d’ancêtre. Il ne désarma jamais pourtant, dans sa haine pour ce dernier et sa lignée, et le mot de « balai ivre » était la moindre des aménités qu’il appliquât au pinceau d’où sortirent les Croisés à Constantinople . La génération actuelle concilie sans peine dans le même culte ces deux hommes qui furent, chacun, révolutionnaires à leur façon, l’un en ouvrant toutes larges les portes de l’art au tourbillon formidable des passions, l’autre en exprimant dans ses toiles un idéal fait, non plus de con-

vention transmise et immuable, mais de vérité choisie et stylisée, d’après un pur tvpe de beauté vraiment formé de

Neurdein frères, phot,

Page 1