FIG. 47. — H. FLANDRIN. — NAPOLÉON III
(Musée de Versailles.)
i85o), le premier en date, offre une analogie assez grande avec l’allemand Overbeck : même sentiment recueilli, mêmes attitudes tranquilles, même coloris transparent et comme éthéré. Son Moïse présenté à Pharaon , du musée de Lyon, était encore conçu dans les formules de son maître Guérin; les figures en sont froides, mais pleines de goût; la Vierge protectrice de Lyon , à l’église de Fourvières, l’allegoriè du Bien et du Mal (musée de Lyon) sont des œuvres très pures, dont la seconde, avec ses petits médaillons épisodiques, affecte la naïveté des primitifs. Orsel passa toute la fin de sa vie à Paris, à décorer la chapelle des Litanies de la Vierge, à Notre- Dame-de-Lorette, que continua Gabriel Tyr (1817-1868) avec une abnégation complète de sa personnalité. Alphonse Périn (1798-1875) déploya le même soin pieux et une symbolique encore plus subtile dans la chapelle symétrique de l’Eucharistie. On songe, devant les suaves compositions des trois amis, aux prédelles'deThVngelico.
Amaury Duval (i8o8-i885), qui a écrit sur l’atelier d’Ingres un volume intéressant, fut un de ses disciples les plus zélés, mais les plus impersonnels. 11 a décoré l’église de Saint-Germain-en-Laye, des chapelles à Saint-Méry et Saint-Germain-l’Auxerrois de peintures sans grand relief1 ; quelques bons portraits, la Jeune fille à la poupée , délicate étude de nu qui a figuré au musée du Luxembourg, et une académie élégante: Mlle Psyché , au musée de Riom, complètent un bagage, somme toute, modeste.
Mottez (1809-1897) se partagea également entre les thèmes mythologiques ( Léda , ■ 1842; Ulysse et les Sirènes, 1848) ou antiques (. Phryné devant /’ Aréopage, Zeuxis et ses modèles , 1859) et la peinture religieuse.
1. Cel'es de Saint-Germain-en-Laye, dans leur discrétion voulue, ont néanmoins de l’onction et du charme; voir notamment la pécheresse dans le panneau Miscricordia, et le jeune mort dans le panneau Caritas.
i\eurdein frères, phot.
FIG. 48. — H. VERSET. — COMBAT DE LA BARRIÈRE DE C L I C H Y. (Musée dll LoUVre.)
Celle-ci parait avoir reçu le meilleur de son inspiration, à en juger par la chapelle Saint-Martin à Saint-Sulpice et les peintures, malheureusement presque disparues aujourd’hui, du porche de Saint-Germain l'Auxerrois. C’est un dessinateur très sûr et il compose avec goût.
Ziégler (1804-1856) se fit connaître par un Giotto dans l’atelier de Cimabué ( 1 8 3 3 , musée de Bordeaux), que suivirent un Saint Luc peignant la Vierge ( 1 8 3 g, musée de Brest) et un Saint Georges terrassant le dragon (musée de Nancy); ces ouvrages se recommandaient par une composition claire et une couleur suffisamment expressive. Entre temps, M. Thiers lui confia, sur le vu d’une esquisse, et au détriment de Paul Delaroche qui en avait été chargé, la décoration de la coupole de la Madeleine, où il peignit une vaste glorification du Christianisme. Cette œuvre, qui a perdu beaucoup de sa fraîcheur primitive, et appellerait un nettoyage, ne manquait ni d’ampleur ni de mouvement. Mais le mécontentement du roi, qui avait vainement insisté auprès de l’artiste pour qu'il restituât sa commande à Delaroche, le priva dorénavant de tous travaux officiels. Ziégler, sans abandonner la peinture, se livra dès lors surtout à des recherches de céramique. Henri Lehmann (1814-1882), né à Kiel, outre un grand nombre de tableaux de chevalet : les Océanides (i85o) longtemps au Luxembourg, le Repos ( 1 864) et plusieurs beaux portraits (Liszt, la comtesse d'Agoult, le comte de Nieuwerkerke, MSr Darboy), a fait de vastes travaux de décoration à Saint-Merry, a l’Hôtel de Ville où il peignit pour la galerie des fêtes un ensemble de caissons et de pendentifs, détruit par l’incendie de 1871, et qui fût, pour l’invention et le goût, resté son meilleur titre à l’estime, au Luxembourg, enfin, où il fut chargé des deux hémicycles de là salle du Trône. Il y représenta l’apothéose des rois de France. La facilité de composition l’emporte chez lui sur la fermeté de la facture.
Entre les deux camps évoluent, avec la diversité de leur tempérament et de leurs allures, un grand nombre d’artistes qu’on ne saurait proprement qualifier de
« neutres », — car ils ne restèrent totalement étrangers ni au traditionalisme des uns ni au goût d’innovation des autres, et plusieurs d’entre eux accusent certaines parties d’originalité, — mais bien plutôt d’ « éclectiques », en tant
■seu.uein ireres, phot.