FIG. IOI. — HENNER. — IDYLLE
(Musée du Luxembourg.)
(le Bon Samaritain. 1874; Saint Sébastien et les saintes Femmes , 1888) où les personnages manquent de liaison; et il en faut toujours revenirgaux figures seules ( Madeleine au désert ; de Christ mort; Andromède liée à son rocher;
la Religieuse , musée de Nancy), avec ses beaux noirs, ou aux portraits (le Général Chanzy ; MUe Dauprat , 1 8j3 ; la Dame au parapluie , 1874; la Vieille femme en bonnet ), d’une sobriété pleine de caractère. L’imagination fait défaut à Henner. Son procédé de repoussoir se répète avec excès; le charme insaisissable et mystérieux de ses modelés s’impose toujours.
Jules Lefebvre, né en 1 8 3 6 , élève de Léon Cogniet, prix de Rome de i86r, est un autre fervent du nu; mais à l’exception de sa Femme au divan rouge , de 1868, magnifique créature palpitante de vie sensuelle, et de la Vérité (1870, musée du Luxembourg), debout au fond de son puits, qu’il pourvut de la membrure robuste des Immortels, il s’ingénie à corriger la nature, en fuselant les formes, en délicatisant les types, qu’il aime à doter d’une diaphanéitétout aristocratique. La Cigale (1 872), Chloé (1875), Pandore (1877) ont servi de préludes à la grande composition de 1879 ( Diane surprise ), dont on loua l’ordonnance élégante, les jolis groupements contrastés, sans y chercher ce caractère farouche, cette pudeur cruelle qui immolaient les indiscrets. Un autre prétexte à nu : Lady Godiva (musée d’Amiens), parut, à quelques années delà, affecter des proportions démesurées pour une donnée aussi scabreuse. Mais les portraits de Jules Lefebvre, d’une pureté de dessin, d’une distinction réelles, n’ont rencontré que des éloges (M. Léonce Reynaud, 1876; M. Pelpel, 1880; la fille de l’artiste, 1903). D’identiques qualités de savoir et de goût et une même absence d’ampleur signalent les oeuvres de Victor Galland (1822-1892), dont l’immense production décorative est éparse dans des habitations particulières. Ses peintures à l’Hôtel de Ville de Paris ont plu par une heureuse adaptation à des surfaces très morcelées; l’artiste y avait représenté les métiers, sur un mode rétrospectif rappelant les origines de l’édifice; mais le panneau qui lui fut confié au Panthéon
Cliché Giraudon*