FIG. IO. — PRUDHON. — L’ENLÈVEMENT DE PSYCHÉ PAR ZÉPHYRE
(Musée du Louvre.)
tique et impressionnante. Par contre, V Embarquement de la duchesse d’ Angoulême à Pauillac (musée de Bor-
deaux) n’est qu’une vignette agrandie, d’une exécution trop menue, si la composition tassée en est ingénieuse.
Faut-il maintenant parler des fâcheux plafonds allégoriques pour la décoration des salles égyptiennes du musée du Louvre? Arraché à la fascination de Napoléon, au spectacle de la grande épopée vécue qui avait magnifiquement inspiré son génie peu propre à l’abstraction, en lui offrant, dans la réalité presque quotidienne, des spectacles extraordinaires de pathétique et d’éclat, Gros était retombé sous la férule de son maître David, que la disgrâce et l’exil rendaient à ses yeux plus vénérable et plus sacré. L’auteur des Satines , en lui confiant son atelier, et plus tard, dans ses lettres de Bruxelles, ne cessait de lui répéter que le beau comme le vrai n’étaient que dans l’antique, que les réalités contemporaines ne méritaient pas l’effort d’un grand artiste. Le malheureux le crut, sans même songer que son maître répudiait ainsi lui-même la plus belle et la plus durable partie de son œuvre. L’affaiblissement de sa faculté de production aidant, en dehors de quelques effigies officielles, comme le Charles X à cheval du musée de Versailles, il se confina surtout dans l’enseignement, où il apporta l’orthodoxie étroite de David. Il vit ainsi lui échapper son influence sur la jeunesse, sollicitée par la beauté de la vie ou le lyrisme des poètes. Son Hercule et Diomède , qu’a recueilli le musée de Toulouse, et où la sécheresse et la tension davidiennes s’accentuaient jusqu’à la caricature, provoqua des critiques très vives, des plaisanteries plus offensantes encore. Le vieillard perdit la tête, et on le trouva, le 26 juin 1 83 5 , noyé sous trois pieds d’eau, dans la Seine, au bas Meudon. Si incomplète qu’eût été sa carrière, il n’en laissait pas moins plusieurs chefsd’œuvre, où la compréhension du pittoresque moderne, l’intuition du rôle de la couleur dans l’effet dramatique, étaient des nouveautés considérables qui, recueillies par
son disciple et admirateur Delacroix, allaient changer
Neurdein frères, phot.