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LE JEU DES GRIS DANS ^ORCHESTRATION

au contraire à l'antithèse complémentaire, un surcroît de vibration.

Lorsque vous regardez un groupe d'oiseaux variés dans les jardins zoologiques, vous remarquez que les plumages gris argentés s'exaltent, au lieu de se ternir, par l'opposition de ceux dont les couleurs sont violentes ou aiguës. C'est ainsi qu'en musique comme en peinture, l'accompagnement des maîtres harmonistes chante lui-même dans un accord imprévu qui amène les effets les plus rares.

Les colorations et les valeurs se rencontrent mutuellement chez les grands maîtres, Rubens, Titien, Véronèse, Delacroix, tandis que les premières dominent chez les gothiques en général. Les secondes contribuent surtout aux magiques visions de Léonard, du Corrège et de Rembrandt, ce roi des valeurs.

On peut dire que toute la peinture se résume en quatre choses : les silhouettes, les colorations, les valeurs et les modelés.

Les silhouettes intéressent surtout la pensée ; les modelés expriment les inflexions de la vie et ses mystères ; les colorations et les valeurs parlent au sentiment d'une façon presque musicale. Ces dernières ont leurs gammes majeures et mineures, des notes qui exultent, d'autres qui semblent

ÔO LES LOIS ESSENTIELLES

empreintes de tristesse. C'est surtout par elles que les règnes dits inanimés prennent vie et communiquent avec nos passions.

On voit toute l'importance de ces deux sœurs : la coloration et la valeur.

C'est par leurs justes relations que l'on modifie les apparences au point de tromper complètement le spectateur par une sorte de magie qui fait que les tons les plus sales sur la palette, deviennent, sur la toile, les finesses les plus exquises. On peut même affirmer que lorsque les couleurs et les valeurs gardent, appliquées au tableau, le même aspect que sur la palette, cela démontre la nullité de la gamme de l'effet. On voit enfin que, dans tout cela, rien n'est absolu comme couleur ni valeur, parce que, je le répète, rien n'est isolé et que tout participe de tout. C'est l'effusion fraternelle, que l'on retrouve en tout lieu et dans les diverses circonstances, qui concourt surtout à la création du beau et que l'artiste perçoit plutôt par son âme que par son esprit, bien que, le jugement de celui-ci soit nécessaire. Le meilleur guide, je ne puis trop le répéter, c'est l'impression.

Partout où ces lois naturelles sont interverties, il y a manque d'équilibre ; il y a laideur dans l'art et cataclysme dans la nature.

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