‹ La peinture romantique: essai sur l'évolution de la peinture française deChapitre 15 sur 38 · LES PRÉCURSEURS DU RÉALISME · texte numérisé non relu

LES PRÉCURSEURS DU RÉALISME

L'étude d'un mouvement auquel ont pris part des esprits aussi difFérents qu'Ingres et Delacroix, Géricault ou Delaroche, ne saurait être présentée d'une façon unilinéaire. Ce serait un excès opposé que de la décomposer en une série de biographies isolées. Pour indépendants et originaux qu'ils aient été, les peintres qui nous occupent n'en ont pas moins été sollicités par quelques influences communes, ils ont manifesté des tendances semblables. Ces tendances et ces influences nous permettront de les grouper.

Sous l'Empire, nous l'avons vu, des faits complexes préparèrent la Révolution. Ces faits ont donné naissance à trois courants distincts, d'importance inégale : un courant réaliste, un courant mystique et le courant proprement romantique. Le premier est représenté par Ingres et Géricault, le second et le plus efl*acé par Ary SchefFor, le troisième, le plus considérable et le plus complexe, par une pléiade d'artistes à la tête desquels on peut citer Delacroix, Bonington et Decamps d'une part, Horace Vernct et Paul Delaroche de l'autre.

De ces trois courants, celui que représente Ary Schcffer s'est manifesté tardivement, bien après la date que nous nous sommes fixée comme limite; nous nous croyons autorisés à le laisser de coté.

Nous allons donc étudier successivement le groupe d'Ingres et de Géricaull, précurseurs du Réalisme et celui des Romantiques. Mais, puisque l'école davidienne n'a pas abdiqué, nous examinerons aussi la Résistance qu'elle a opposée à ce double mouvement.

Tel sera le cadre, dans lequel nous essayerons d'embrasser, sans rigueur, les doctrines et les hommes qui se manifestèrent entre 1815 et 18.30.

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