LES PRECURSEURS DU REALISME
L'étude d'un mouvement auquel ont pris part des esprits aussi différents qu'Insères et Delacroix, Géricault ou Delaroche, ne saurait être présentée d'une façon unilinéaire. Ce serait un excès opposé que de la décomposer en une série de biog;raphies isolées. Pour indépendants et originaux qu'ils aient été, les peintres qui nous occupent n'en ont pas moins été sollicités par quelques influences communes, ils ont manifesté des tendances semblables. Ces tendances et ces influences nous permettront de les grouper.
Sous l'Empire, nous l'avons vu, des faits complexes préparèrent la Révolution. Ces faits ont donné naissance à trois courants distincts, d'importance inégale : un courant réaliste, un courant mystique et le courant proprement romantique. Le premier est représenté par Ingres et Géricault, le second et le plus efl'acé par Ary Scheffer, le troisième, le plus considérable et le plus complexe, par une pléiade d'artistes à la tète desquels on peut citer Delacroix, Bonington et Decamps d'une part, Horace Vernet et Paul Delaroche de l'autre.
De ces trois courants, celui (jue représente Arv Scheffer s'est manifesté tardivement, bien après la date que nous nous sommes fixée comme limite; nous nous croyons autorisés à le laisser de côté.
Nous allons donc étudier successivement le groupe d'Ingres et de Géricault, précurseurs du Réalisme et celui des Romantiques. Mais, puisque l'école davidienne n'a pas abdiqué, nous examinerons aussi la Résistance qu'elle a opposée à ce double mouvement.
Tel sera le cadre, dans lequel nous essayerons d'embrasser, sans rigueur, les doctrines et les hommes qui se manifestèrent entre 1815 et 1830.