I.A PEINTURE EN EUROPE DE 181.S à 1 S.'^O
Les influences d'où naquit en France la réforme de David s'étaient t'ait sentir à travers toute l'Europe. Dans les pays allemands elles régnèrent sans partag-e. Aux écrits de Winckelmann, aux poèmes de Gœthe répondaient les tableaux de Raphaël Mengs ou d'Angelika Kaufmann. En Italie, elles pénétrèrent aussi et, quand,enl814, Gasp. Martinelli voulut célébrer, dans un plafond du Palais Pitti, le retour de Ferdinand III, il peignil un Retour d'Uli/sse. En Angleterre même, ces idées si étrangères au génie national prirent, avec Flaxman, avec James Barrj, de l'autorité. Un tableau de ZolFany, conservé aux Diploma Galleries, nous montre les élèves de l'Ecole de la Royal Académv à Somerset House groupés le soir autour de modèles de plâtre et s'inspirant de V Apollon du Belvédère, du Gladiateur Farnèse et du Discobole (1).
Celle vogue ou ce règne ne devaient être éternels, dans le reste de l'Europe non plus qu'en France. Avec le dix-neuvièmesiècle, s'engagea partout lalutlequc Kaulbach a symbolisée dans une fresque de la nouvelle Pinacolhèquc de Munich : Le Combat contre la Perruque. Varioui, des sentiments identiques ou analogues animaient les novateurs. Ils voulaient renouveler l'esthétique et la délivrer de contraintes étroites et odieuses, rendre plus d'aisance au dessin ou de vigueur au coloris ; ils cherchaient des objets nouveaux d'inspiration, séduits qu'ils étaient par la vérité ou par la richesse. Les événements politiques ou sociaux les impressionnaient ég-alement: le patriotisme se i-etrempait aux sources des traditions nationales; l'incrédulité reculait devant une recrudescence de la foi religieuse, ou encore les événements présents forçaient rindifférence de l'artiste. Tout ce qui ag-issait en France remua les ateliers de l'Europe.
•Mais, issu de causes semblables, et j)rovoqué parla même animosité, le mouvement se diversifia dans chaque pays. Les esprits réagirent de nilll(> manières
(1) Comparez un tableau de Atarlin Ouadal (1736-1808|, daté de 1787, représentant l'académie de Vienne et conservé au musée de cette académie On y voit les élèves groupés le soir, autour du modèle nu, dans une pose académique, dessinant, peisrnant et modelant à la lueur des lampes. 11 est inutile de rappeler VAtelier de Cochereau au Louvre.