‹ La peinture vénitienneChapitre 18 sur 55 · III- — IJ-; SIÈCLK i.'uu · texte numérisé non relu

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Roch, au Musée de Madrid, attribuée à Pordenone, mais rendue à Giorgione, son véritable auteur, par Morelli;

6.'' I^e Chevalier de Saint-Jean, aux Uffizi de Florence; attribué à Pier délia Vecchia;

7.° Daphné et Apollon, petit tableau de la galerie du Séminaire patriarcal de Venise.

8." Les Trois âges de l' homme, au Musée Pitti ; tableau attribué à Lorenzo Lotto, mais Morelli le croit de Giorgione; 9,° Le Concert, au Louvre; 10.° Un fragment de tableau représentant deux jeunes hommes, de la galerie Esterhazy à Pesth;

11.° Les trois philosophes, dans la galerie du Belvédère à Vienne ;

Enfin, dans une Vénus du musée de Dresde que l'on croyait une copie de Sassoferrato, Morelli reconnaît, à travers les vilains enduits et les ouf rages d'une restauration, une œuvre de Giorgione, qui se trouvait dans la maison Marcello à San Tomà, à Venise ; une admirable Vénus, la plus belle qui soit au monde.

Le génie de Giorgione sut allier, dans un admirable équilibre de ses facultés, la force de la pensée à la grâce de l'expression; il illumina et féconda toute l'École vénitienne du XVP siècle.

Le plus fidèle imitateur de la manière du maître fut Sebastiano Luciani, né à Venise en 1485, connu sous le nom de Sebastiano del Piombo, parce que, s'étant fait moine, il fut pourvu de l'office des brefs de la C-hancellerie pontificale. Étant passé de l'école de Giambellino à celle de Giorgione, il poussa si loin l'imitation de son second maître dans le tableau d'autel de San Giovanni Grisostomo, qu'il réussit à le faire prendre pour une oeuvre du maître de (<astelfranco. Fraticesco Sansovino, dans sa Venetia, écrit : « à San Giovanni Grisostomo, le tableau d'autel avec les trois vertus théologales, commencées par Giorgione et achevées plus tard par Sebastiano del Piombo ». Peut-être dans cette œuvre Giorgione vint-il en aide à son

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élève, qui, peu après, ne devait pas refuser une autre illustre collaboration, celle de Michel- Ange; le grand artiste fit pour lui le carton du Christ mort à San Pietro in Montorio à Rome. Fra

Venise. Eglise de San Giov. Grisostoiiio — La Sainte Convf.usatio.n — Sebusiiam. d.-I Pii>iiib.j

Sebastiano passa joyeusement à Rome la fin de sa vie médiocrement laborieuse ; il y mourut en 1547.

Giorgione fui prématurément ravi à la gloire ; en revanche,son émule Tiziano Vecellio eut une existence très-longue, trés-remplie, ennolilie par toutes les ardeurs et toutes les puissantes émotions de l'art. A Pievedi ('.adore, où il naquit en 1477, sa jeune àme subit le charme de cette sévère beauté des montagnes, que l'artiste

se plut à prendre souvent comme fond de ses tableaux. A dix ans, il quitta son nid natal et se rendit à Venise où il se forma à l'école de Giambellino. Il arriva promptement à la renommée et on lui demanda de peindre à fresque, avec Giorgione, la façade du Fondaco dei Tedesclii; puis, en 1511, de mettre la dernière main au tableau que ce même Giorgione avait laissé inachevé au Palais Dacal : Frédéric Barberoiisse h a is a n i les pircls dv papp Alexandre.

Go tableau a péri dans l'incendie de 1577, avec deux autres œuvres du Titien: La haidille de Cadore et La batcnlle entre les Impériaux et les halntaids de Spolète.

Alfonso d'Esté l'invita à Ferrarc, où il laissa de nombreuses œuvres, entre autres le célèbre BacehuR et Ariane, aujourd'hui au Musée de Londres, et une merveilleuse Bacchanale conservée au Musée de Madrid, cette danse étonnante de vie d'enfants nus qui entourent joyeusement une statue de Vénus. Il faut remonter jusqu'à ces œuvres pour découvrir la source à laquelle a bu largement plus tard le génie de Rubens. (Comblé de richesses et

Floronœ. O.-iliMic dos onv

- La l'i.nnA — \.r Titi

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d'honneurs, le grand artiste de Gadore rentra à Venise, et mit la main à de noml)roux talileaux. \.'Assomplion, achevée en 1508, pour le maître autel des Frari, a\ait pr(''cedé les œuvres faites à Ferrare ; mais pour la même église il fit dans la suite, en 1526, un autre tableau d'une touche plus vigoureuse sur l'autel des Pesaro; enfin son chef d'œuvre, Snint-Pierre wartyr^ détruit i»ar malheur dans l'incendie de 1867, dans l'église de San Giovanni e Paolo, est de 1530.

En 1529, l'empereur Charles Quint, se trouvant à lîologne, voulut avoir son portrait par le Titien, ('et artiste acquit une telle réputation par son habileté à saisir les ressemblances et l'art avec lequel il donnait à ses portraits la vie, le mouvement, l'expression de l'àme, que François P'", Philippe II, le roi Ferdinand, Hemy VIII, Soliman, les doges Loredano Grimani, Gritti, Lando, Ponato, Trévisan, Venier, les papes (llément VII, Paul 111, Jules III voulurent avoir leur portrait signé de sa main. Une seconde fois (Uiailes Quint demanda à Titien de peindre son portrait; et lorsqu'en 1532, il rentra en Espagne, il conféra à l'aitisto les titres de comte palatin et de chevalier de l'empire romain.

Il serait trop long d'énuméroi' les tableaux sacn'^s ot profanes dus au pinceau de l'infatigable Vecellio, jiisijn'à la date de 1545, époque à laquelle, <\\v ririvitatiou de l'aid III, il se i-undit à Rome; là il pcMgnit la Danar pour le due Ottavio Fainèse. Il fit ensuite plusieurs leiivres pour Cliailes Quint à Aiigsbourget à Inspruck; de l'elour à Venise il (il pour Philippe II Diane et Actéon^ Médâe et Jason, Pan et Syrinoe, Andromède et Persée, Vénus et Adonis, pour la |)lu|)art à l'Escurial, avec les peintures allégoriques de la Religion que lui avait commandées Charles Quint. De cet ai'tiste, dont la fécondité tint du prodige, il suffit de mentionner les tableaux connus de tous, au moins dt; nom: JJ Amour sacré et l'Amour profane, de la Galerie Wovghése (^\ la Belle du Titien, la Vénus au Léopard du Lou-

(1) M. Umberto Gnoli a clierché à prouver que ce lamoux tableau représente Vi'tuis periiiadunt à Medée de suivre Jason. {Hassegita d'Arte. fasc de nos-embre et décembre 190-2 1.

LA PEINTURE YÉXTTIENNE

Yi-e, la Flore et les Vénus des Ufrizi, la Vémis du Musée de Darmstadt, la Danaé de Naples, celles de Vienne, de Pétersbourg, le grand tableau d'autel pour San Nicoletto dei Frari, aujourd'hui au Musée du Yaticau. Il vaut mieux citer ici une de ses œuvres les plus attachantes, la Présentation au Temyle, rendue naguère à sa destination primitive et à sa première

forme. Dans l'antique Scuola délia C'.arità, où siège aujourd'hui l'iVcadémie de Venise, dans la petite salle de l'Albergo, au merveilleux plafond rehaussé de grandes fleurs d'or sur fond d'azur, au-dessus des deux portes, le Titien avait peint sur toile une Présentation ; cette œuvre, qui lui avait été commandée en 1534, était déjà faite en 1538.

Sans doute à cette date Vecellio subissait l'influence des procédés de Michel - Ange; ses coups de pinceau étaient, comme dit Vasari, jetés hardiment, par larges touches; toutefois dans cette œuvre, on retrouve encore le maître qui achevait ses œuvres « avec une telle sûreté de main et une telle diligence d'exécution qu'on pouvait les regarder de près comme de loin ». I.orsque dans les premières années du siècle dernier on aménagea les Galeries dans les salles de la Scuola délia ('<arità, le tableau fut enlevé de la muraille où le Titien luimême l'avait fixé, après l'avoir composé en harmonie avec le milieu et lui avoir donné le ton voulu pour les conditions de lumière; il subit les restauration d'un manœuvre qui le profana en y ajoutant deux rectangles de peinture pour combler le vide

Veiiisp. Eglise ilos Frari Vierge daxs la Pala dei Pes.vuo - Tiziai

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