‹ La peinture vénitienneChapitre 22 sur 55 · I.K SIKCI.K liOR · texte numérisé non relu

I.K SIKCI.K liOR

lequel l'artiste s'élève à une hauteur fju'il n'a pas atteinte une seconde fois; c'est celui du Pêcheur remrll mil l'nnnpan au Dogp, peint pour la Scuola di San Marco, et aujourrl'hui à l'A.-adéniie de Venise. La scène est comme baignée dans une atmosphère couleur de rose.

Au milieu d'étoiles, de brocarts, de velours, de joyaux, de tapis, dans un édifice d'une magnifique architecture, sur le degré le plus élevé le Doge est assis; n ses côtés, autour de lui, des sénateurs, des magistrats, des patriciens ; au milieu de cette scène, le pécheur demi-nu plie le genou et présente l'anneau au Prince. Les principaux mérites de ce chef d'œuvre de Paris Bordon sont la vivacité éblouissante des teintes et la reproduction, saisissante de vérité, d'une de ces somptueuses scènes vénitiennes que les peintres du quinzième siècle, comme Vettor Carpaccio et Gentile Bellini, aimaient à reproduire avec une application passionnée. Le tableau de Bordon est le dernier etsplrndide essai dans ce genre de tableaux, documents historiques d'un prix infini. Les artistes du \\l siècle, avec plus d'imagination dans la i)ensée, ne s'apjtliquaient pas volontiers à reproduire avec patience et exactitude les scènes de

Bergame. Galerie Carrara

l'OliTRAIT DE PaCE SpIM — O. B. Moioiii.

LA l'ETNT['RE VÉNITIENNE

la vie contemporaine. Les peintres joyeusement sensuels de cette époque aiment mieux reproduire sur la toile les voluptueuses beautés vénitiennes qui teignaient en blond leur chevelure, s'ha-

Venise. Acadéinio Royale — PÈCHEUi! uemiùttam l'a-XiNEAU au DoGE — Paris Burdon.

billaient de brocarts d'or et se couvraient de joyaux précieux. De ce nombre, et parmi les plus voluptueux, il faut placer Bordon, si rangé pourtant et si réservé dans la vie privée.

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Mais dans ce milieu d'art Inut à la joie, conime la vie dont ils s'inspirent, de régates, de sérénades, (rilliitniiiations, de palais étincelants d'oi-, il se trouva un homme austère dans son art

Milan, (ialerie de l.i Bivia — SrJKT ALLiir.oniQi'K - Vdv\< Goidoii.

comme dans sa vie, qui mena dans la paix des cbanips une existence à l'abri des passions inquiètes, des désirs déchaînés, tout entier aux sentiments doux et tranquilles qui pénétr.iient sou

àme; ce fut Jacopo da Ponte, appelé Bassano, du pays où il naquit en 1510. Après avoir reçu les premiers enseignements de son père, peintre lui aussi, il se rendit à Venise où brillait alors la grande lumière du Titien. Mais il rentra rapidement au pays natal, où il passa paisiblement sa vie, jusqu'à l'âge de quatre-vingt deux ans, laissant à Hassano la plus grande partie de ses œuvres. Il eut un sentiment vif et pénétrant de la nature; et en étudiant

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