‹ La peinture vénitienneChapitre 39 sur 55 · I. ACADt.MIK · texte numérisé non relu

I. ACADt.MIK

Par intervalle, le génie d'Antonio Canova ronnpait seul les entraves conventionnelles du classicisme par des création d'une surprenante vérité, comme son groupe de Dâchde et d'Jcar: et la tête du pape Rezzonico.

\Vi,i.se. A.'a.ien.i-^ .i. s Beaux Aii^ La Peinture et la Sculpture — Domenico Maggiotto.

L'art vénitien, après son envolée sublime sur les sommets avec Tiepolo, était lapidement tombé de ces hauteurs; il se renfermait désormais dans l'Académie de peinture, de sculpture et d'architecture, qui, à la chute de la République, avait son domicile au Palais Farsetti à San Luca, au milieu des modèles en plâtre des statues antiques, réunies par Farsetti et acquises en partie par l'em-pereur François II en 1805. Lorsque, plus tard, Napoléon créa l'Académie rovale des Beaux Arts, les cours se tirent

d'abord dans ce même palais, jusqu'au jour où, en 1807, l'Académie fut transférée dans l'église, le couvent et la Scuola di Santa Maria délia Carità. Le couvent, qui datait de 1552, était une création d'Andréa Palladio ; les autres édifices furent adaptés à leur affectation nouvelle par Antonio Selva. Le premier président de l'Académie reconstituée fut le chevalier Almorô Alvise Pisani; en 1809, il eut pour successeur le comte Leopoldo Cicognara de Ferrare, l'historien de la sculpture itaUenne, fervent admirateur de Ganova. On y nomma comme professeurs : Antonio Selva, pour l'architecture ; Teodoro Matteini de Pistoia, élève de Pompeo Batoni, pour la peinture historique; Angelo Pizzi, pour la scidpture; Ferdinando All)ertelli, pour l'ornementation; David Rossi, poin^ la perspective; Antonio Diedo, pour l'esthétique ; ce dernier remplissait en outre les fonctions de secrétaire. Aux plâtres réunis par Farsetti, Cicognara ajouta de nombreux t;ibleaux des maîtres les plus célèbres, pris dans les églises ou dans les couvents. Il constitua ainsi ce célèbre Musée de tableaux, dans lequel on voit résumée, comme formant une même trame, la double gloire de Venise, dans les choses de la civilisation et dans les choses de l'art.

La nouvelle école de peinture, qui cherchait les régies de la beauté dans les statues et dans les bas-reliefs antiques et qui se proposait pour objet de célébrer en style héroïque les fastes de l'empire napoléonien, triomphait en France avec Vien, David, Proudhon, Gros, Gérard, Ingres; en Italie, avec Traballesi, Appiani, Sabatelli, Bossi à Milan, Benvenuti à Florence et Camuccini à Rome. A Venise même, dès la fin du dix-huitième siècle, on commençait à reprocher à Tiepolo d'étranges licences et une excessive facilité, et on cherchait à guérir l'art de l'exubérance et de l'emphase par la douche froide du classicisme. Au premier rang de ceux qui faisaient profession de haïr les lignes contournées et baroques était un peintre nommé Zanotti; il fit l'éducation artistique de Francesco Hayez; celui-ci était né à Venise en 1791, et il avait grandi dans la maison d'un des ses oncles, marchand de tableaux anciens. « Un beau Titien, un Véronèse, un Van Dyck formèrent dès ma première enfance

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