VI. — l'acadk.mik
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mon admiration », «''crit Hayez dans ses Mémoires. A la mort de son premier maître, le jeune Hayez.passa à l'atelier de Francesco Maggiotto, fils de ce Domenico Maggiotto, bon peintre dont on peut voir à l'Académie un tableau allégorique représentant la Peinture et la Sculpture, remarquable par le moelleux du coloris. En même temps que Giovanni Demin, Hayez fréquenta aussi la vieille Académie, où il eut pour maître, jusqu'en 1804, Lattanzio Querena, artiste asservi aux conventions, mais plein de fantaisie, qui était né en 1768 à Predella, dans le Val di Scalve, au pays bergamasque. Lorsque la nouvelle Académie eut son siège au couvent délia Carità, le jeune Hayez y étudia sous la direction de Matteini, en même temps qu'Odorico Politti, originaire du Frioul.
Après avoir suivi quelque temps les froides régies de son maître, esclave des traditions classiques, il partit pour Rome en compagnie de son ami Politti. Là, il reçut les conseils de Canova et de Camuccini. ÎMais les deux jeunes vénitiens durent se séparer; Politti fut appelé à Venise pour succéder à Matteini dans la chaire de peinture; Hayez se rendit à Milan, où les idées littéraires et philosophiques venues de France, d'Angleterre, d'Allemagne formaient la pensée des Manzoni, des Grossi, des Porta, des Berchet, des Torti, des Pellico.
A l'agitation provoquée par l'ambition de Napoléon, des temps moins troublés avaient succédé; et de même qu'après les grandes commotions, on éprouve irrésistiblement le désir du calme, ainsi l'humanité, encore frémissante du tumulte des guerres, se sentait comme entraînée vers un mysticisme vague et sentimental. Le mouvement de la pensée était en opposition avec cette imitation gréco-romaine ; et celle-ci s'évanouit peu à peu pour laisser place à une foule de combinaisons où la fantaisie et le mystère régnaient souverainement. Le moyen-àge s'insurgeait contre la Renaissance classique, et des ruines des vieux châteaux réduits en cendre par le peuple de la Révolution, sortaient des voix qui appelaient de nouveau à la vie le monde défunt
L'esprit nouveau ne transformait pas seulement la littérature,