‹ La peinture vénitienneChapitre 42 sur 55 · VI. — I, ACADÉMIE · texte numérisé non relu

VI. — I, ACADÉMIE

Le tableau do Zona, par l'ordonnance générale de la composition, la splendeur des teintes, la science du clair-obscur, l'habileté de l'exécution rappelle les maîtres du seizième siècle.

L'œuvre de Molmenti fut une tentative d'une grande importance dans l'histoire de l'art; elle fut achevée vers 1850, an moment où le mani<''risme académique exerçait tous ses ravages et où, d'antre part, les vapeurs romantiques s'exhalaient avec le

Venise. Académie dos Beaux Arts

RENCONTRE DE TiTIFN ET DE PaI L VKRONÈSE - A. ZOlia.

plus de force. Dans le tal)leau de Molmenti représentant la scène de l'arrestation dans sa maison, au milieu do sa famille désol»''e, de l'architecte (-alendario, un des conjurés de Faliero, la dignité empesée de la peinture historique se pliait au tableau de genre. L'artiste ne regardait plus à la solennité tragique du sujet et s'attardait à renilre avec unt^ saisissante exactitude un difficile elTet de lumière. Devant ce tableau, un critique] qui eut le pressentiment

LA PEI^'TIHK VÉMTIENNE

des aspirations modernes, Giuseppe Ptovani, s'écriait: « Pensée, invention, expression, dessin, couleur, tout fraternise dans cette peinture ; l'œil est subjugué par la claire réalité, le cœur par le sentiment ». Mais Molmenti se dessécha dans le souci de l'enseignement; Zona laissa dévoyer son vigoureux talent en recherchant les succès mondains, en suivant les conventions chères à la foule.

A coté de la composition historique « la seule qui fût digne des talents supérieurs », comme disait la critique d'alors avec ses

Vfnise. Galerie Gioviuielli L'AiiUL.-îiATiuN m: Flmppo Olendario — P. M. Molmenti.

formules sentencieuses, à côté des sujets mélodramatiques, le tableau de genre de l' intimité domestique faisait timidement son apparition ; les deux frères Canella de Vérone, et Eugenio Posa firent quelques essais dans ce genre; le dernier de ces artistes reproduisit spécialement les scènes de la vie des pêcheurs de Chioggia.

l'ACADÉ-MIK

Une finesse pleine de charme, et un sentiment très vif de tout ce qu'il ya de caractéristique dans le spectacle de rhouime, des animaux, des choses, voilù quel fut le mcritc propre d'Antonio Rotta, né à Goriz en 1828 et mort à Venise en 1903. Chez lui le sens du réel est parfait, et l'ohéissance de la main aux fantaisies de l'imagination est toujours sûre; on peut lui reprocher toutefois un peu de complaisance dans la reproduction mé-

Venise. Galerie Giov. molli — Jeté à la porte pour dettes — Canolla.

ticuleuse du détail. Ses œuvres les plus vantées sont: Vice et misère, Rien à faire !, L'antiquaire, Le Chasseur ci son chien malade, Heureux temps! ^ Les premières illusions. Peines de cœur, Pauvre Mamun!, La Grand'Mère, etc.

On trouve également dans les petits tableaux de (luglielmo Stella un certain esprit dans le choix des sujets tantôt satiriques, tant(H pénétrés de sentiment et pleins de vivacité dans la reproduction: Un paysan en de méchantes mains, Vice et Vertu,

Scènes mdiscrètes, Dans la sacristie, Le saltimbanque au lit de mort de sa femme, etc.

Galerie privée — Rien A faire — Antonio Rotta.

Ainsi la froide affectation du tableau historique cédait la place à la fine observation comique du tableau de genre, et la peinture, tout en retenant quelque chose des formes autrefois

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