‹ La peinture vénitienneChapitre 43 sur 55 · VI. — l> AC.ADK.MIK · texte numérisé non relu

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consacrées, découvrait, dans la mesure où les temps le permettaient, le premiei' dessin d'une conception nouvciUe. Cette conception tirait son principe de l'étude du vrai et de l'observation pénétrante des joies et des misères huniaine.

Venise. Galerie Trêves — Le paysan tombi: en mauvaises mains — A. Stella.

Le liston

L'Art Nouveau

,rAxr) Venise, avec le rachat de son indépendance reconquit la liberté de son génie, on vit naître une peinture nouvelle qui revint au sentiment de la réalité. Les peintres de la première moitié du dix-neuvième siècle, les vccchieiti comme on les appelait, non sans une arrière pensée de moquerie, n'avaient pour ainsi dire pas regardé autour d'eux ces merveilles de la nature vénitienne, rendues avec tant de profondeur par les artistes du quinzième et du dix-iuiitième siècle, et avec infiniment plus de bonheur que. par les maîtres de l'époque de gloire. Bien que les grands artistes du seizième siècle, imités à leur toui- par les artistes intempérants, mais expressifs du dix-septième, aient reproduit le personnage humain dans une souveraine plénitude de vie, ils n'ont rendu ni la poésie qui se dégage des pierres, ni la lu-

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miére du ciel et des eaux de Venise. Ni Giorgione, qui exprime d'une façon sublime le sentiment des choses dans ses fonds de paysage, ni Titien, qui met une poésie profonde dans la peinture des montagnes et des vallons de Gadore, son coin natal, ni Palma, ni Vrronése, ni le Tintoret, inimitables dans la peinture de personnages exubérants de jeunesse, éclatants de beauté, n'éprouvèrent jamais cette fascination qui se dégage des monuments de Venise. En revanche, dans les tableaux de Gentile Rellini, de Vettor Garpaccio et de quelques autres primitifs, on voit apparaître, comme dans une photographie sublime, la cité des lagunes. Après les gloires du seizième et l'enilure du dix-septième siècle, Venise se retrouve dans le Ganaletto et Guardi, qui nous montrent non pas la Venise scénographique de certains modernes, mais la Venise vraie, un peu grise, comme enveloppée d'une atmosphère d'argent. Get aspect caractéristique de Venise fut négligé par les peintres itaUens et étrangers, qui, vers le début du dix-neuvième siècle, étudièrent dans ses monuments cette ville d'un type si à part, sans avoir le sentiment de tout ce qu'il y a en elle de poésie aux endroits où cesse la traditionnelle empreinte artistique, où les éléments conventionnels de sa beauté font défaut et où l'on voit apparaître en revanche les caractères d'une autre forme plus intime de sa vie.

Dés (|ue la lumière de la liberté ranime pour Venise la poésie de ses souvenirs, l'art y lleurit de nouveau. Et voilà que, comme par enchantement, une foule de personnages joyeux font irruption dans l'enceinte close de l'Académie et des ateliers des peintres d'fiistoires, en y apportant le gai tintamarre de la vie extérieure, un air vibrant et sain. Les joyeuses fdles du peuple et les robustes gondoliers mirent à la porte les châtelaines de coton et les chevaliers aux cuirasses de papier mâché. ( 7est en vain que pages et ménestrels, dames et guerriers opposèrent de la résistance; c'est en vain que l'on cria à la profanation, en rappelant les tendances morales et la mission civilisatrice de l'art; c'est en vain que l'on chercha à inculquer à une jeunesse irrespectueuse et toute à la joie le respect de cette sénilité académique. Ge

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