LES PORTRAITISTES D AMSTERDAM
trant. Considérez celui du Drossart de Muiden (Amsterdam), avec ses joues poupines, son ventre exorbitant ceint d’une écharpe rose, et figurez-vous ce que Frans liais aurait fait de ce muids vivant ! Par hasard, le portrait de Paul Potter (La Haye) est une chose émue et sobrement touchante. Et un jour, ou ne sait comment, il est arrivé à Y an der Jlelst de faire une œuvre hors de prix, presque une œuvre puissante : ce sont les Quatre chefs de la confrérie de Saint-Sébastien (Amsterdam, 1653), dont il existe au Louvre une réplique réduite, et peut-être encore plus charmante.
Ri i su m É. — On le voit, il n’y a pas d’école plus fourmillante que cette première école hollandaise.
Dans ce foisonnement, on distingue une foule de petits-maîtres curieux, quelques-uns de charmants, et un très grand, Frans Hais.
Et cependant, avec sa production déjà immense, ses essais en tous genres, ses indéniables chefs-d’œuvre, la peinture hollandaise est-elle en 1630 ce quelle sera seulement deux ou trois ans plus tard? A cet enchevêtrement de tendances, ne manque-t-il pas encore un Irait essenliel? Enfin, si grand que soit Frans Hais, si brillante qu on juge sa spirituelle école, la Hollande dans l’art serait-elle tout, ce qu’elle est, — et ne s’en faut-il pas, non seulement de son plus prodigieux génie, mais de son caractère et de sa signification artistique elle-même — si elle n’avait pas eu Rembrandt ?