LA RONDE DE NUIT
redoublement de certitude et de résolution. Peu d’oeuvres, on le sait, ont été plus controversées. Tout s’éclaire, dès qu’on la situe à sa date dans la série des œuvres de la même famille. Ce n’est ni une « vision » ni une « fantasmagorie », mais, en un ordre de sujets confinés au tableau de mœurs, un puissant essai de « grand art ». Le sujet, on le sait encore, n’a rien de nocturne ni de mystérieux : c’est la sortie d’une troupe de la
Rembrandt. — La Ronde de nuit. (Musée d’Amsterdam, 1642.)
garde nationale allant à un concours de tir. Une fillette porte les prix à sa ceinture : une bourse et un coq. Jusqu’alors, en cette matière de « gardes civiques ». les peintres, même les plus grands, n’avaient guère produit que des morceaux d’un intérêt municipal. Tout se bornait au signalement de quelques individus, en costumes de miliciens, ordinairement pris à table, à mi-corps, dans un jour égal, entre les quatre murs d une chambre. Rembrandt voulut donner aux choses le caractère de 1’ « histoire ».
Tl serait curieux de montrer en détail comment il remplit son objet;