LE DESSIN DE REMBRANDT
naires, cette construction qui échappe, cet évanouissement de hauteur et du style, ces figures qui ne sont plus « faites » ei ont l’air d’exister « en soi, sans le secours d’aucune formule connue » ; voyez cette manière de dessiner sans traits, de peindre presque sans matière, pour ainsi dire par le dedans et l’expression pure, de ne laisser sur un visage émacié, exténué par la douleur ou par la mort, que la place d’un gémissement, d’une
Cliché Bruckmann.
Rembrandt. — Le Clirist et Madeleine. (Musée de Brunswick, 1631.)
prière, d’un regard : ces choses, qui les avait apprises à cet homme? el cet homme, pour peindre et dessiner ainsi, n’avait-il pas à dire des vérités inouïes, et qui n’avaient leur source que dans les profondeurs de la conscience intime?
On ne récrit pas là-dessus les pages de Fromentin. Mais on peut, de cette intimité, de cette attention extrême dans le rendu de la vie, tirer de nouvelles remarques et de nouvelles conséquences. L’une est le don de saisir à travers chaque forme le principe et la loi internes : voyez ses dessins d’animaux, ou rapprochez de ses Nèf/res obscurs et « darwiniens »