‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 125 sur 391 · LE TESTAMENT DE REMBRANDT · texte numérisé non relu

LE TESTAMENT DE REMBRANDT

van Oslade vient le premier en 1610 ; Gérard Dou suit en 1613, Terborch en 1617, Isaac van Oslade en 1621, Steen en 1626, Metsu et Pie ter de Hooeh en 1630; Yermeer et Maes arrivent les derniers, en 1632. Songez maintenant qu’en Flandre, deniers naît en 1610, Brauwer quatre ans plus tôt. Entre ces deux écoles jumelles et rivales, toute la différence est celle d’un esprit, et cel esprit est celui de Rembrandt. On ne l’observe pas assez : ces caractères d’intimité, d’attention, de sympathie, si Louchants dans l’école, et qu’on prend pour des qualités de race ou de terroir, c’est Rembrandt qui en a 1 initiative et le mérite; ils n’existent pas avant lui, ils disparaissent après lui. Ce sont les Philosophes, les Tobies, le Samaritain qui ont, dans cette école attachée par instinct au terre à terre de la vie, enseigné la beauté du sens moral des choses, et découvert, derrière les faits, les trésors du monde intérieur.

Ce que je dis du « genre » pourrait se dire du paysage. Rembrandt n'a pas formé de paysagistes célèbres, mais son inlluence est manifeste sur le grand \an Goyen (né en 1590), sur Aert van der Neer (né en 1603). Et il est clair que pour Ruysdaël (né en 1628:, des estampes comme les Trois Arbres ont été des révélations.

Ce n’est pas tout. La formule même de cette intimité, l’organisation « hollandaise » d’un tableau, la nature de son effet et de son pittoresque, tout cela procède de Rembrandt et ne date que de lui.

Peinture concave, a-t-on écrit de cette peinture hollandaise. On veut dire qu elle se compose d’ondes circulaires décrites par l’ombre et la lumière autour d'un point déterminé par l’intérêt, qu elle a une profondeur, un centre, un rayonnement, qu’elle va élargissant ou rétrécissant tour à tour ses orbes aériens, et vient en appuyer l’orifice sur les bords. C’est une peinture où l’on entre, où l’on habite, où l’on circule, où l'on mesure l’espace du cadre aux horizons, oîi l’on peut relever la tête. Un ne dira pas mieux cela que Fromentin. Seulement, ce n'est l'art hollandais qu’à partir d’un certain moment. Hais et toute son école peignent à plat, en superficie et comme à fleur de toile. Ces décorateurs n’entendent rien à cette science du « plafonnement », de l’enveloppe aérienne, de la grandeur dans les lignes fuyantes, qui est la grammaire de Rembrandt et des peintres issus de lui

La conséquence est double. Au point de vue de la couleur, le tableau se définit d’une manière toute nouvelle. Jusqu’alors le plaisir des yeux était une question de pureté et de limpidité. Désormais, on mettra dans les choses plus de mystères. L’effet se circonscrit, la gamme se fait plus

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