‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 135 sur 391 · LE PAYSAGE HOLLANDAIS · texte numérisé non relu

LE PAYSAGE HOLLANDAIS

qu’en Suède des paysages nouveaux et une nature vierge : enfin J an Vermeer de Haarlem 1628-1691), un maître à ne pas confondre avec son homonyme de Delft, et qui en revient aux vues sablonneuses des côtes proches de la ville, embrassées avec une ingénuité panoramique, dispersée, d’une grâce languissante, claire et un peu débile.

On en était là du défrichement de la nature, du débrouillage de ses formes. On savait épeler. Le métier était prêt. Il ne restait qu'à y jeter une âme plus profonde : ce fut I œuvre de Jacques Ruysdaël.

Ruysdael 1029-1682 — Jacques Ruysdaël, le plus grand paysagiste

du monde, et le plus grand penseur de l’école, après Rembrandt, naquit à Haarlem en 1028 ou 1029. 11 v mourut à l’hôpital, à cinquante-deux ans, le 14 mars 1082

Il était fils, neveu, cousin de paysagistes. Dans la génération de van Cfoyen, son oncle Salomon Ruysdaël '1600-1670) fait une figure considérable. C’est un des meilleurs ouvriers du paysage naturaliste.

De la vie de Jacques Ruysdaël. on ignore presque tout. Ses premières œuvres connues sont une douzaine d eaux-fortes, devenues rarissimes. Il avait dix-huit ou vingt ans. On sait qu il se fixa bientôt à Amsterdam. Voyagea-t-il ? A-t-il vu pour son compte les cascades et les mélèzes de la Dalécarlie, ou se servait-il des albums de Roehman et d’Everdineren? La réponse, en l’absence de documents certains, dépend de l’idée qu’on se fait de la personne du maître, et de la nature même de la création artistique. On imagine plutôt à ses excursions des limites plus prochaines : brèves campagnes, promenades d’artiste aux montagnes voisines, dans les charmantes vallées du Neckar, de la Fricka, du Hein, de la Moselle, vers les ruines romantiques, le manoir de Bentheim, dans la délicieuse Thuringe, le Hanovre, le duché de Clèves. Son instinct le ramenait aux sources du paysage, dans cette patrie des Limbourg, des van Eyck et des Bril, chargée, pour ainsi dire, de remettre périodiquement du vert dans la peinture : sylvestre Germanie, non loin de Weimar et de Goethe, qui devait tant aimer Ruvsdaël et a si bien parlé de lui

C'était une âme grave et lière, hautaine sans humeurs chagrines, triste avec un cœur mâle. Fromentin, qui compare son style dense, probe et sans éclat à une forte prose, ajoute qu’on voit très bien Ruysdaël à Port- Royal. Qu'était cette église « Memnonite » dont il faisait partie? Qu’était au juste ce jansénisme protestant? On a le droit de se poser ces questions, eu présence de ce grand esprit toujours obnubilé. Il ne se

lîUYSDAEL

averti (|ue ce peintre, u i n’a fait (|ue des paysages, est quelque chose de plus qu’un paysagiste ordinaire. Notez qu’il ne manque pas, sans sortir de la Hollande, de « faiseurs » plus experts, plus habiles ou plus élégants. Sa paletle n’a ni le piquant de celle d'Hobbema, ni les

maria pas. Jusqu'à l’àge de quarante ans, il soutint son vieux père, un « croyant » comme lui. Quelle histoire un de ses « frères » aurait pu nous donner de ce pensif génie !

A voir, en elfe t , quel empire il prend sur la conscience, on est

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