‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 139 sur 391 · LA POÉTIQUE DE RUYSDAËL · texte numérisé non relu

LA POÉTIQUE DE RUYSDAËL

se sent moins isolée au milieu de la création. Il se reconnaît clans plus de choses. Chacun de ses mouvements s’orchestre et se répercute dans les voix innombrables de la mer et des vents, des bois, des fleuves, du ciel. Et ce lien nouveau, ce dernier instinct des « rapports » qui nous unissent à la nature, forment l’émotion « religieuse » qui se dégage toujours

Cliché Hant’staengl,

Ruysdaël. — Le Rhin près de Wijk-by-Duurs tede. (Musée d’Amsterdam.)]

d’une œuvre de Ruysdaël, et ce quelque chose d’humain que respirent ses paysages .

Mais qui prédestinait Ruysdaël à les développer ? D’où lui vient ce sentiment amer et profond de la vie ? Qui a jamais trouvé, entre le monde et nous, plus de secrètes affinités ? C’est ce qui, aujourd’hui encore, après le merveilleux éclat du paysage au dernier siècle, ferait du pensif « memnonite » le plus complet et le plus grand (s’il n’y avait pas eu Corot) de tous les paysagistes, et le plus éloquent des peintres de la nature et de la mort.

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