‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 140 sur 391 · HOBBEMA · texte numérisé non relu

HOBBEMA

Hobbema. Marimstes, architeetubistes. — Après Ruysdaël, le plus grand nom du paysage liollandais est celui de son ami Meindert Hobbema (1638-1709). Sa cote sur le marché est même supérieure à celle de son maître. Ce n’est pas un bien grand artiste. Rien de plus monotone que son éternel Moulin à eau, son éternelle Clairière. La composition est absente. L’effet est cru et décousu. La touche cherche à donner le change par une précision de métier, un travail ciselé, métallique, qui amuse l'œil aux dépens du sentiment et de l'ensemble. Avec tout cela, Hobbema a fait le Moulin du Louvre et Y Allée de Middelharnis à la National Gallery, et ces deux titres suffisent à justifier sa gloire. C’est une page si solidement construite que ce Moulin, elle est d’un émail si piquant, d’une si précise « gravure », d’un éclat si riant et si ensoleillé ; cette Allée est si triste sous son ciel bas et noir, avec son terrain détrempé et l’arabesque aiguë de ses peupliers maigres, que Ruysdaël, à côté de ce langage incisif, paraît pour un moment cotonneux, général, presque rond et faible d’accents. Ce « diptyque » admirable est tout le portrait de la Hollande.

Parmi ces « portraitistes » de la nature hollandaise, il faut faire une place à part aux marinistes. La Hollande est peut-être le premier pays du monde où on ait eu l'idée de représenter la mer. La mer, dans beaucoup d’existences, était associée à la vie. Le navire, pour ce peuple amphibie, était un compagnon, un serviteur et un ami. Il rappelait mille souvenirs. Dès le xvie siècle, Hendrick Vroom et Aart van Antum sont souvent employés à cette imagerie navale. Jean Porcellis (1583-1632) et Simon de Ylieger (1601-1653) sont les peintres moutonneux, floconneux, un peu mous des houles limoneuses qui déferlent le long des dunes, et que tache l'aile blanche des voiles on des mouettes.

Mais c’est la génération suivante (la troisième) qui vit naître les maîtres. Jan van de Capelle (1624-1679), l’élève de Rembrandt, est le premier qui ait compris la poésie du calme. Plus célèbre encore est Willem van de Yelde (1633-1707), le frère d’Adrien, et qui finit en Angleterre comme peintre des Stuarts. C’est un maître clair, mince, agile, argenté. Lui aussi est le peintre des heures immobiles. Une mer comme une glace sans tain, très fortement réverbérante, à peine parcourue d'imperceptibles cernes, avec une buée incolore bottante à la surface, et là dedans une clarté diffuse, sans rayons, qui donne aux agrès, aux mâtures, une apparence aérienne, — cette paix dans la lumière et dans 1 illimité, font le charme de ses tableaux, d'une peinture un peu maigre, et qu'il ne faudrait pas regarder de trop près. Au contraire, Ludolf Backuysen (163 1 - 1 708) est le peintre

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