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L INFLUENCE DE RIBERA

dramaturge qui, du blanc el, du noir, fait jaillir une source inépuisable de contrastes, tout un contenu de violences et d’émotions pathétiques.

C’est par cette conception toute personnelle du clair-obscur que Ribera compte avant tout dans 1 histoire de 1 art. Ce fut comme une réédition du principe de Caravage, doté d’une puissance de drame qui en lit la fortune. Aujourd'hui même, la force effective d un tel art n’est pas encore éteinte. Des maîtres comme Donnât, Ribot, semblent n’avoir consulté que des œuvres de ce grand peintre.

Cependant, soit par lassitude, soit par l’apaisement de l’âge, l’artiste, (‘n ses dernières années, se dégage de sa manière noire. Sa fougue se calme : ses idées se spiritualisent. La Vision de Jacob (Madrid, 1646) annonce cette éclaircie suprême. Les ténèbres s’évanouissent : une atmosphère d’argent circule dans la toile. Deux chefs-d’œuvre du Louvre résument le testament du maître. L 'Adoration des bergers 1650) est une pastorale des Abruzzes, d’une rusticité puissante, dans un bain de lumière limpide. Jamais l’observateur n'a été plus précis, le praticien plus fort. Les parties de nature morte sont d’une vérité qu’aucun spécialiste moderne n’a surpassée. L'artiste comprend enfin la réalité pour elle-même, sans mélange de mélodrame ni de passion factice. Il se rapproche de la gamme nacrée, qui est la vraie tonalité des maîtres de chez lui. De l'idée de contraste, il s’élève à celle d’harmonie. Et sa dernière œuvre, le Pied-bot (1652), a quelque chose de l’impartialité olympienne de Velâzquez.

Mais celle dernière évolution n’a qu’un intérêt biographique. Le rôle de Ribera est complet avant elle. Par sa position, comme chef de l'école napolitaine, il donne droit de cité dans l’art au génie espagnol. « De sa suite », ils en sont tous. A l’abri d'une autorité reconnue à Rome même, et qui leur servira de rempart contre le parti florentin de Madrid (les Nardi, les Caxès), Zurbaran, Velâzquez deviennent maîtres d'agir: « l'Espagnolet » leur tend la charte d indépendance. Son œuvre est le répertoire où ils puiseront tous. C’est l’honneur de Ribera qu’on le trouve, dans tous les genres, à la tête de l’école.

On peut même dire qu’il la dépasse. Pendant deux siècles, 1' « Espagnolet » fut le seul maître de sa race célèbre hors d’Espagne. Et cela tient au fait de son « émigration ». Mais cette raison ne suffît pas. 11 appartient, en quelque sorte à la peinture « européenne ». Plus encore que sur son pays, son action s'est exercée sur les écoles étrangères ; aucun style n'a suscité une telle légion d’imitateurs : et cela dure toujours. Il a créé une rhétorique qui est encore d’usage dans tous les ateliers. Il est moins

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