VELAZQUEZ
L’homme. — Don Diego Rodriguez de Silva y Velâzquez naquit à Séville le 5 juin 1599. Les Rodriguez de Silva étaient une famille de noblesse portugaise, devenue espagnole. Velâzquez, suivant la coutume, prit le nom de sa mère.
Sa vie est un modèle de simplicité élégante. Il reçoit au collège une bonne culture libérale. A treize ans, le voilà dans l’atelier de Herrera ; l’année suivante, chez Pacheco. On sait quel était cet homme rare, érudit, poète, critique, artiste médiocre et amateur exquis. Sa maison était le rendez-vous des beaux esprits de Séville; un peu plus tôt, ç’avait été le cercle de Cervantès. C’est dans ce cénacle charmant, la compagnie la plus distinguée de l’Espagne, que grandit le jeune Velâzquez. Rientôt un lien plus tendre l’y rattacha encore. Pacheco avait une tille, il la donna à Don Diego.
Sur ces entrefaites, le roi Philippe III mourut. Son lils lui succéda. Le nouveau favori, Olivarès, était de Séville : c’était de l’avancement pour toute l’Andalousie. Un premier voyage à Madrid échoua. Le second essai fut plus heureux. Le jeune provincial réussit à faire, dans la cour du palais, le portrait du roi à cheval. Un mois plus tard, il est promu peintre du roi (1624).
De ce jour, en dépit de cabales impuissantes, sa fortune ne cesse de grandir. Huissier de la chambre en 1627, officier de la garde-robe en 1634, valet de chambre en 1643, apose?itador ou grand maréchal du palais en 1652, chevalier de Saint-Jacques en 1659, — ni arrêt, ni éclipse dans sa constante faveur. L’art d’ailleurs, dans cette vie de cour, ne joue qu’un rôle fort secondaire. Les charges du palais, surtout celle d ' aposentador, n’étaient nullement des sinécures. Dans celte existence de fonctionnaire, stagnante et occupée, esclave d’une foule d’importantes