‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 203 sur 391 · LES MAY S DE NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

LES MAY S DE NOTRE-DAME

l’emporte sur Josépin. Pourlms est le peintre en titre d’Henri IV et de la régente. Ce sont des exceptions ! Mais il y a en outre un exode, un glissement ininterrompu de l’école vers la France. Sa surproduction nous inonde. Prenez garde à cette « nation » flamande du Faubourg Sainl-Germain ! Patience, et comptez que de là sortira du nouveau.

En attendant, que peuvent les peintres indigènes “? Se syndiquer, faire bloc, tâcher de rendre un peu de vie à la « maîtrise ». On y pourvoit à coups d édits, d'arrêts et de patentes. Peine perdue : la machine est usée, décrépite. En lait, son monopole n’existe que sur le papier. Comment le ferait-elle respecter? Elle n’a nulle autorité, ni doctrines, ni programmes. Une association d’intérêts commerciaux, c’est tout ce qu’elle représente : elle se suicide faute d’idées.

Il règne cependant une grande activité. Après les ruines de l’âge précédent. la société semble un chantier de reconstruction. Restauration religieuse : partout des couvents, des chapelles, des églises se fondent et se bâtissent. Restauration sociale : une nouvelle classe, haute bourgeoisie, noblesse de robe et de finance, accède au pouvoir et emménage activement dans ses hôtels parisiens, dans ses maisons des champs. Tout cela se couvre de peintures. Des Tuileries à l’Arsenal, le personnel de la troisième race procède énergiquement à son installation. 11 y a ici fort à faire pour l’Eglise el pour les princes, pour les moines et les laïcs, comme peinture religieuse et comme peinture profane. Dans tout cela, par malheur, on manque un peu de points de repère. Des destructions énormes ont été opérées. Des séries essentielles, par exemple celle des « May s » offerts à Notre-Dame par le corps des orfèvres, et qui formaient un vrai musée de la peinture pendant un siècle 1608-170”), et la série non moins précieuse des portraits d’échevins conservés à l’Hôtel de Ville, ont été dissipées.

En dépit, de ces mutilations et de ces coupes sombres, on distingue deux ou trois tendances ou courants principaux : d’abord, une vaste production de peinture religieuse, pas très originale, ayant les caractères universels de l’art jésuite ; 2,J une féconde peinture décorative, laïque, mythologique, répondant aux données de l'éducation générale dans ce siècle des humanités. Ces deux « articles » sont assurés par le même groupe de fournisseurs, équipe de gens habiles, éclectiques, prêts à tout faire, allégorie ou dévotion, histoire profane ou sacrée, si bien qu il n’y a pas de raison d’y mettre plus de façons et de séparer les deux genres. Enfin, à côté ou en marge de ces talents mondains, on trouve une bande d’originaux, de réfractaires et d’excentriques, plus divers, plus curieux

l’influence de l’italie

et plus amusants, qui s’exercent dans les « bambochades », et dont le moyen d’expression le plus fréquent est l’estampe.

Pour tout le monde, à cette date, l’inspiration vient d Italie. Cela est

Cliché Braun et C>°.

Vouet. — Allégorie à la richesse. (Musée du Louvre.)

vrai de tous, y compris les Flamands. Dans cette absence complète de traditions nationales, l'Italie, pendant cinquante ans, est l’institutrice commune. Elle jouit d’un prestige et d’un attrait uniques. Vouet y passe quinze ans, Dufresnoy vingt, Mignard vingt-deux, Poussin quarante,

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