‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 217 sur 391 · LA POÉTIQUE DE POUSSIN · texte numérisé non relu

LA POÉTIQUE DE POUSSIN

lion des nobles architectures, des colonnades, des thermes, des pyramides, des « fabriques », reparaît le revenant des cités évanouies, l’anachorète des Ruines de Thèbes, le compagnon d’Alcibiade sous les portiques du Pœcile ou sur les marches des Propylées. Il y a chez Poussin un grand visionnaire antique, un homme en qui se pressent les images d’autrefois, et

Cliché hanfstaeng'l.

Poussin. — La nourriture de Jupiter. (Galerie de Dulwich.)

pareil à un voyageur du royaume des ombres, qui n’a plus repassé le fleuve au delà duquel habite le peuple sacré des morts.

On a tant abusé des théories de Poussin, qu’il est nécessaire d’insister sur ce que son génie comporte de spontané et de sentimental. Il avait, en réalité, le sens le plus fin de l’histoire, le goût et l’intuition de ce qui est « primitif ». Et puis, il a le génie émouvant du mouvement . Jetez les yeux sur les Sabine s : est-ce que l’explosion des faits, la trépidation du motif, l’éparpillement des timbres, la fuite de toutes les forces projetées aux quatre coins du cadre par la plus violente énergie centrifuge, ne donnent pas l'impression qu’on noterait en musique par l’indication : allegro furioso ?

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