I- INFLUENCE DE LORRAIN
d’aurore, ou des vibrations orangées du couchant; son âme les recueillait. et s’enchantait ensuite à exprimer ces lueurs dont elle était comblée. Cette lumière, « joie des yeux », n’est, pas encore éteinte aux plus belles de ses toiles. Elles sont l’hymne inépuisable d’une imagination puissante et peu variée, d'une sensibilité dont la forme est le rayonnement.
Et pendant près de deux siècles, on n’a pas connu de plus beaux paysages que les siens. Pour tout ce temps, dans toute l’Europe, il a déterminé le genre. Je ne parle pas de ses élèves ou de ses imitateurs français, comme le triste Patel (1620-1676) ou Francisque Millet (1647- 1679 . Mais on a vu ailleurs son influence sur Jean Both, sur Swanevelt, peut-être sur Cuvp. Au siècle suivant, Joseph Verne t, en rajeunissant ses formules, ne le fera pas oublier. Mais aucun pays ne l’a mis plus haut que l’Angleterre. Le Liber Veritatis, publié par Earlom au commencement du dernier siècle, a visiblement inspiré le Liber studiorum de Turner. Et celui-ci, en léguant un de ses tableaux au musée national, à condition qu’il ferait pendant à un tableau de Claude, n’avouait-il pas expressément une émulation qui est une forme d imitation? En dépit des critiques passionnées de Ruskin, on n otera pas cette gloire au petit paysan de Chamagne.