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LES IMITATEURS DE WATT EAU

A cette date en effet, c’en est décidément fini de l’esprit du grand siècle. Le siècle nouveau est né. D’avance, et tout entier, il se reflète dans Watteau. Nous sommes en 1721 : Chardin n’apparaîtra qu’en 1728, Bouclier en 1733, Greuze en 1755, Fragonard en 1765 ; et déjà tout le meilleur de Chardin, de Boucher, de Greuze et de Fragonard est dans cette oeuvre prophétique.

Watteau a eu des élèves : son compatriote Pater, ce fin parisien de Lancret. Ils ont continué une vingtaine d’années le genre des « fêtes galantes ». Tous deux étaient bien doués; ils eurent le tort de ne pas voir que le genre ne tenait qu’à l’âme du créateur. Ils ne pouvaient y mettre que des mérites d’exécution. L’aîné, Lancret (1690-1749), est un peintre coquet, à qui même il est arrivé de faire deux choses exquises : le Moulinet , et surtout l’adorable Camargo (toutes deux à l’empereur d’Allemagne). Et le Déjeuner de jambon (Chantilly), non plus que le grand Déjeuner (habits rouges) du musée d’Orléans, ne sont des oeuvres à dédaigner. Quant à Pater (1696 1736), peu consciencieux, nature vulgaire, ne cherchant que l’argent, il tombe rapidement dans la production inférieure et la polissonnerie. C’était pourtant un « joli œil », comme disent les peintres, ami des nuances grisâtres et des teintes cendrées : il avait de plus un don précieux d’observation comique, comme le prouvent ses quatorze sujets tirés de Scarron (Berlin). Mais le désir d’amasser corrompit ces rares talents « Le pauvre homme ne se donnait pas un instant de relâche », dit Mariette. Cela se sent.

A la suite de Watteau, on peut nommer encore Bonaventure de Bar (1700-1729), un peintre dont les œuvres sont infiniment rares, el Barthélemy Olivier (1712-1784). Son Thé à l'anglaise du Louvre est une page pimpante, aimable, faisant un peu « image ». En 1744, Gersaint pouvait écrire : « Le genre des fêtes galantes est entièrement épuisé. »

Mais rien ne serait moins juste que de limiter à ce genre l’influence de Watteau. Ses vrais disciples ne sont pas ses copistes, ce sont ceux, au contraire, qui cherchent à le comprendre, à s’inspirer comme lui de leur imagination et de leur sentiment. A cet égard, on peut dire que tous lui sont redevables, et que le xvm° siècle, sans lui, sérail autre qu’il n’a été ; c’est toute la peinture de « genre » à la française, ce sont les Baudoin, les Deshays, les Lavreince, les Roslin, tous les aquarellistes, gouachistes, dessinateurs et les petits graveurs, Eisen (de Valenciennes), Cochin, Moreau le jeune, Saint-Aubin, Debucourt,

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