‹ La peinture, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 274 sur 391 · GENRE. PORTRAIT ET PAYSAGE · texte numérisé non relu

GENRE. PORTRAIT ET PAYSAGE

Exposition de la Jeunesse Le Salon de 1737. — En 1728, tandis que Boucher partait pour Rome, il se passait à Paris un petit événement d’assez grande conséquence.

L’institution des Salons avait mal réussi. Ils se tenaient irrégulièrement, et depuis 1704 avaient fermé leurs portes. Des circonstances nouvelles allaient les faire rouvrir.

Place Dauphine, derrière le Pont-Neuf, le quartier général des marchands de tableaux, tous les ans la jeunesse artiste tient une exposition. Elle dure deux heures ; elle a lieu en plein air. Cela suffit : toutes les libertés de l’art vont passer à la suite. Le matin du dimanche dans l'octave de la Fête-Dieu, les maisons se font belles, se drapent et se lleurissent; sur ces tentures improvisées, les rapins piquent leurs tableaux, puis les remportent avant le passage de la procession. Le premier « Salon de la jeunesse » dont on ait connaissance date île 1722, au lendemain de la mort de Watteau ; le dernier (il se tenait alors rue de Cléry) eut lieu en 1789. C’est là qu’en 1728 se révéla « dans le talent des animaux et. des fruits », un inconnu, Chardin.

Le succès de cette initiative fut un trait de lumière pour l’Académie. L’indication fut comprise. Le Salon devenait, dans les circonstances présentes, un incomparable instrument de publicité. La « première » solennelle eut lieu en 1737 Qui en ferait la revue, passerait en revue toute la première moitié du siècle. Celle réouverture équivaut à une fondation. L’idée, sous Colbert et Le Brun, était prématurée : tout manquaitàla fois, le genre et le public. A dater de cette époque, b* Salon, de deux en deux ans, devient un événement de la vie parisienne. C’est laque se jugent les talents, que se font et se défont les réputations. Dans le publie, un intérêt nouveau pour l’art, parmi les artistes une atmosphère de concours,

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